Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/209

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


M. Martini avait fini de parler. Mme Parisse revenait, sa promenade terminée. Elle passa gravement près de moi, les yeux sur les Alpes dont les sommets à présent étaient roses sous les derniers rayons du soleil.

J’avais envie de la saluer, la triste et pauvre femme qui devait penser toujours à cette nuit d’amour déjà si lointaine, et à l’homme hardi qui avait osé, pour un baiser d’elle, mettre une ville en état de siège et compromettre tout son avenir.

Aujourd’hui, il l’avait oubliée sans doute, à moins qu’il ne racontât, après boire, cette farce audacieuse, comique et tendre.

L’avait-elle revu ? L’aimait-elle encore ? Et je songeais : « Voici bien un trait de l’amour moderne, grotesque et pourtant héroïque.