Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/218

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jabot d’alors, et celui du musicien assis devant un clavecin. Elle, blonde, charmante, mais maniérée à la façon du temps, souriait de sa bouche gracieuse et de son œil bleu ; et la peinture était soignée fine, élégante et sèche.

Eux semblaient regarder déjà la prochaine postérité.

Tout cela sentait l’autrefois, les jours finis et les gens disparus.

Une porte s’ouvrit, une petite femme entra ; vieille, très vieille, très petite, avec des bandeaux de cheveux blancs, des sourcils blancs, une vraie souris blanche, rapide et furtive.

Elle me tendit la main et dit, d’une voix restée fraîche, sonore, vibrante :

— Merci, monsieur. Comme c’est gentil aux hommes d’aujourd’hui de se souvenir des femmes de jadis. Asseyez-vous.

Et je lui racontai comment sa maison m’avait séduit, comment j’avais voulu connaître le nom de la propriétaire, et comment, l’ayant connu, je n’avais pu résister au désir de sonner à sa porte.

Elle répondit :

— Cela m’a fait d’autant plus de plaisir,