Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/96

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sur cette planche, si près de cette jolie et mignonne fillette.

Je me demandais pourquoi cette étrange sensation de bien-être et de joie qui me pénétrait.

Pourquoi ? Sait-on ? Parce qu’elle était là ? Qui, elle ? Une petite Anglaise inconnue ? Je ne l’aimais pas, je ne la connaissais point, et je me sentais attendri, conquis ! J’aurais voulu la sauver, me dévouer pour elle, faire mille folies ? Étrange chose ! Comment se fait-il que la présence d’une femme nous bouleverse ainsi ! Est-ce la puissance de sa grâce qui nous enveloppe ? la séduction de la joliesse et de la jeunesse qui nous grise comme ferait le vin ?

N’est-ce pas plutôt une sorte de toucher de l’amour, du mystérieux amour qui cherche sans cesse à unir les êtres, qui tente sa puissance dès qu’il a mis face à face l’homme et la femme, et qui les pénètre d’émotion, d’une émotion confuse, secrète, profonde, comme on mouille la terre pour y faire pousser des fleurs !

Mais le silence des ténèbres devenait effrayant, le silence du ciel, car nous entendions autour de nous, vaguement, un bruis-