Page:Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, tome 1.djvu/102

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jaloux de voir le plus charmant ouvrage qu’aient produit le goût, l’esprit, l’imagination et la gailé.

Oui : tant que la langue françoise subsistera ; tant que les lettres auront des partisans ; le ververt trouvera des admirateurs. Grâces au pouvoir du génie, les avantures d’un perroquet occuperont encore nos derniers neveux, une foule de héros est restée plongée dans un éternel oubli, parce qu’ils n’ont point trouvé une plume digne de célébrer leurs exploits : mais toi, heureux ververt, puisqu’il a plu à un grand poète de t’immortaliser, ta gloire passera à la postérité la plus reculée ; dans plusieurs siècles, on parlera encore avec (plaisir) de tes prospérités et de les revers ; de tes charmes et de tes erreurs ; des tendres soins que te prodiguèrent les douces maîtresses dont tu fus l’idole, et des plaisirs que tu leur procuras, et des larmes que tu leur fis répandre.

Aussi tout le monde sçait la prodigieuse sensation que cet ouvrage fit dans le public dèz sa naissance. L’admiration qu’il excitoit redoubloit encore lorsqu’on apprenoit que ce chef d’œuvre étoit le coup d’essai d’un homme de 26 ans, renfermé dans l’enceinte d’un collège, et destiné à la vie monastique. Le grand Rousseau, frappé de l’éclat d’un tel début, annoncoit le jeune Autheur à son siècle comme un des plus beaux génies qui dévoient l’illustrer : c’etoit sans doute un spectacle intéressant de voir un des plus célèbres poètes de nos jours applaudir au triomphe d’une muse naissante, faite pour partager avec lui l’attention du public, et confondre, par son exemple les lâches complots de l’envie, qui veille toujours pour arrêter le grand homme à l’entrée de sa carrière.

Mais tandis que Gresset jouit de la gloire attachée à ses premiers succès, quel orage s’est tout à coup formé sur sa tête ! On conspire contre lui chez les Visitandines ; ververt a porté le trouble dans leurs paisibles retraites ; on l’accuse d’attenter à l’honneur de l’ordre ; on crie au scandale ; à la calomnie… aimable poète, reprennez vos pinceaux ; peignez nous des evenemens véritables, beaucoup plus plai-