Page:Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, tome 1.djvu/28

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
18
ŒUVRES COMPLÈTES DE MAXIMILIEN ROBESPIERRE

la peine s’exécute publiquement et d’une manière ignominieuse comme le carcan et le pilori. Que peut faire d’ailleurs ce condamné qui est dans les fers ? il n’a plus de secours à espérer que du côté de sa famille et cette famille est-elle toujours en état de faire les frais et les poursuites nécessaires pour parvenir jusqu’aux pieds du trône et y faire entendre sa voix. Les Lettres de grâce exemptent de la peine, mais ne lèvent point la note d’infamie, suivant cette maxime vulgaire : Princeps quos absolvit notat ».

Lacretelle avait raison de dire que « l’originalité d’un penseur ou d’un écrivain ne peut pas être dans ses principales idées, qui peuvent se trouver ailleurs et même partout, mais dans les conséquences où elles le mènent, dans le système où il les fond et les lie, dans les développements qu’il leur donne. Il est, dans chaque sujet, une foule d’idées, qui ne peuvent échapper à ceux qui les méditent ; et il peut aussi se rencontrer des esprits de la même nature qui, en procédant par les mêmes recherches, doivent arriver aux mêmes résultats ». Bien que Muyart de Vouglans ait écrit, en 1780, son mémoire sur les Peines infamantes que Robespierre a pu lire et dont il a pu profiter quatre ans après, il ne s’ensuit pas que ce dernier soit un plagiaire. Un avocat, qui étudie une question, consulte les livres où elle est traitée ; qu’il s’agisse de discours académiques ou de plaidoyers, il s’inspire des travaux de ses devanciers. C’est à ce titre que Maximilien Robespierre a mis à contribution le traité des Lois criminelles dont l’auteur de ce recueil encyclopédique avait disserté spécialement sur le préjuge des Peines infamantes, avant que l’Académie de Metz eût mis le sujet au concours.

Brillant élève du collège Louis-le-Grand, couronné au Concours général même depuis la quatrième, Robespierre donne dans ce discours la mesure de sa culture classique. Le jeune avocat, qui « plaidait ses premières causes dans le temps où il écrivait ce discours », ne manque ni de talent ni d’éloquence. Il écrit avec chaleur et parfois avec vigueur.