Page:Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, tome 1.djvu/96

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l’éloge de Robespierre « n’est pourtant pas inférieur à ce que sont en général les morceaux de ce genre » [1]. Jouaust aurait pu ajouter à ce que furent les éloges de Gresset écrits de 1784 à 1788. Si l’on prend en effet la peine de lire ceux qui furent publiés par Antoine Diannyère, en 1784[2], Mérard de Saint-Just en 1785[3], l’abbé Noël, professeur au collège Louis-le-Grand en 1786[4], même ceux dont la paternité échappe encore aux recherches[5], « on y trouve tout ce qui fait la monnaie courante des discours académiques : éloge pompeux de celui dont on parle, profonde humilité de celui qui parle ; phrases toutes faites sur un ton connu ; périodes d’autant plus sonores qu’elles sont plus creuses. » [6]

Sans doute il y a des lieux communs dans la brochure de Robespierre, et des éloges parfois excessifs. Mais l’auteur a pris soin de nous avertir qu’il n’avait pas écrit avec la morgue d’un juge et la fierté d’un censeur, et qu’il avait loué Gresset d’une manière très décidée, non pour remplir le rôle d’un panégyriste, mais poursuivre sa propre conviction. Ennemi d’une sèche et sévère critique, c’est à peine s’il a osé avouer que le poète dos Grâces avait piteusement échoué dans la tragédie. Il ne faut donc pas chercher dans l’Éloge de Gresset un morceau de littérature, encore moins

  1. Jouaust., op. cit., p. VI.
  2. Éloge de Gresset de l’Académie française et de celle de Berlin, par Antoine Diannyère. Berlin et Paris, 1784, in-8°.
  3. Éloge de Jean-Baptiste-Louis Gresset, l’un des quarante de l’Académie française, membre de celle d’Amiens, chevalier de l’Ordre de Saint-Michel et historiographie de l’Ordre de Saint-Lazare. À Londres et à Paris chez les marchands de nouveautés, MDCCLXXXV, 70 p. in-16.
  4. Éloge de Gresset, de l’Académie française et de celle de Berlin, etc. Londres et Paris, chez Cailleau et chez les marchands de nouveautés, MDCCLXXXVI, 54 p. in-12.
  5. Éloge de Gresset. Abbeville, Devérité, 1786. 19 p. in-S » (attribué à de Wailly).
  6. Tous les manuscrits envoyés au concours ont été longuement analysés par de Cayrol : Essai historique sur la vie et les ouvrages de Gresset. Amiens, 1844. 2 vol. in-8°.