Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/22

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d’opuscules divers, etc. ; mais surtout nous aurions divisé Pascal en un théologien et un philosophe, en un mathématicien et un physicien, au préjudice de l’honnête homme qu’il a voulu être, au préjudice aussi de l’honnête homme qu’il voulait avoir pour lecteur.

L’ordre chronologique, qui dans l’état actuel de notre information, ne présente pas de difficultés insurmontables[1], a au contraire cet avantage essentiel, de rapporter chacun des écrits à la disposition précise du moment où il a été rédigé, et par là d’en donner implicitement le commentaire le plus exact ; c’est l’ordre chronologique qui sera suivi dans la présente édition.

L’adoption de cet ordre nous donnait la faculté, qui nous a semblé particulièrement précieuse, d’imprimer à leur date, au lieu de les accumuler dans les commentaires ou les annexes, les pièces qui sont nécessaires à l’intelligence des divers écrits de Pascal. C’est ainsi qu’on trouvera, dès le mois de novembre 1646, le texte original de la lettre où Pierre Petit décrit en détail l’expérience sur le vide que le mois précédent il avait faite à Rouen en compagnie des Pascal. C’est ainsi que la lettre de Pascal à Perier sur l’expérience du Puy-de-Dôme, détachée du Récit où elle fut publiée, rapportée à la date du 15 novembre 1647 où elle a été écrite, se trouvera comprise

  1. En fait, pour la première série des œuvres, que nous publions aujourd’hui, nous ne sommes dépourvu de toute indication chronologique que pour le Discours sur les passions de l’Amour. Or ce discours se rattache naturellement à la période mondaine de la vie de Pascal ; l’hypothèse, toute gratuite qu’elle est, ne soulève pas de contestation. ― Les écrits trouvés à Hanovre dans les papiers de Leibniz n’ont pas de date précise ; Pascal paraît s’être occupé des Sections coniques pendant une dizaine d’années ; mais la lettre écrite par le P. Mersenne le 17 mars 1648 marque du moins le moment où ces travaux étaient sur le point d’aboutir.