Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/398

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378 ŒUVRES

soupçons. Tu sçay combien ces embarras troublent la paix de la maison, extérieure et intérieure, et com- bien dans ces rencontres on a besoin des avertisse- ments, que tu nous as donnés trop tard.

Nous avons à t'en donner nous mesmes sur le su- jet des tiens. Le premier est sur ce que tu mandes que nous t'avons appris ce que tu nous écris, i® Je ne me souviens point de t'en avoir parlé, et si peu que cela m'a esté très nouveau. Et de plus, quand cela seroit vray, je craindrois que tu ne l'eusses rete- nu humainement, si tu n'avois oublié la personne dont tu l'avois appris pour ne te ressouvenir que de Dieu qui peut seul te l'avoir véritablement enseigné. Si tu t'en souviens comme d'une bonne chose, tu ne saurois penser le tenir d'aucun autre, puisque nitoy ni les autres ne le peuvent apprendre que de Dieu seul. Car, encore que dans cette sorte de reconnois- sance on ne s'arreste pas aux hommes à qui on s'adresse comme s'ils estoient auteurs du bien qu'on a receu par leur entremise, neantmoins cela ne laisse point de former une petite opposition à la veuë de Dieu, et principalement dans les personnes qui ne sont pas entièrement épurées des impressions char- nelles qui font considérer comme source de bien les objets qui le communiquent.

Ce n'est pas que nous ne devions reconnoistre et nous ressouvenir des personnes dont nous tenons quelques instructions, quand ces personnes ont droit de les faire, comme les pères, les evesques et les directeurs, parce qu'ils sont les maistres dont les

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