Page:Œuvres de Blaise Pascal, IV.djvu/280

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174 OEUVRES

seurs ; car elle les forme elle mesme par sa force 1 toute-puisssante. Elle demande des cœurs purs et dégagez, et elle mesme les purifie et les degage des interets du monde incompatibles avec les veritez de l’Evangile. 2 Prevenez ces menaces, mon Pere, et prenez garde que Dieu ne change ce flambeau de 3 sa place, et 4 ne vous laisse dans les tenebres, et sans couronne 5 .

Il en eust bien dit davantage; car il s’échauffoit de plus en plus. Mais je l’interrompis : et dis en me levant. En verité, mon Pere, si j’avois du crédit en France, je ferois publier à son de trompe. ON FAIT A SÇAVOIR, que quand les Jacobins disent que la grace suffisante est donnée à tous, ils entendent que tous n’ont pas la grace qui suffit effectivement. Apres quoy vous le diriez tant qu’il vous plairoit, mais non pas autrement. Ainsi finit nostre visite.

Vous voyez donc par là, que c’est icy une suffisance politique pareille au pouvoir prochain. Cependant je vous diray qu’il me semble, qu’on peut sans peril douter du pouvoir prochain, et de cette grace suffisante, pourveu qu’on ne soit pas Jacobin.

En fermant ma lettre, je viens d’aprendre que

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1. P’. [tout-puissante].

2. A. 2 B. [Pensez-y bien] mon Pere; W. His impendentibus malis vestri..... , mi Pater, occurrant.

3. P’. sa, manque.

4. A 2 B. [qu’il] ne.

5. A 2 B. [pour punir la froideur que vous avez pour une cause si importante à son Eglise].