Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/19

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


3

INTRODUCTION

I. — HISTORIQUE

La lutte engagée par Pascal s’étendait de plus en plus. Les curés de Paris, sollicités par leurs collègues de Rouen, voulaient amener l’Assemblée du Clergé à condamner la casuistique nouvelle, et demandaient à tous les autres curés de soutenir leur requête. Ils adressèrent à cet effet, le 13 septembre, un Advis de Messieurs les Curez de Paris, à Messieurs les Curez des autres Dioceses de France; sur les mauvaises maximes de quelques nouveaux Casuistes. Ils y joignirent la Requeste de Messieurs les Curez de Roüen à Monseigneur leur archevesque sur le mesme sujet, et une Table et extraict de quelques unes des plus dangereuses Propositions de la Morale de plusieurs nouveaux Casuistes, fidelement tirées de leurs ouvrages. Paris, 1656, in-4°. Cette plaquette fut répandue à profusion par toute la France. On a pris l’habitude de joindre l’ Avis des curés de Paris aux éditions des Provinciales ; rien ne permet pourtant de l’attribuer à Pascal. Il semble plutôt que cet écrit, dont la forme est lourde et pénible, soit du curé Rousse, comme paraît le dire l’auteur d’une lettre adressée à Perier le 2 janvier 1657 (cf. infra p. 309).

Le grand public s’intéressait toujours aux Provinciales, comme le montre cette lettre écrite par Madame de Sévigné à Ménage, le 12 septembre 1656 : « Aux Rochers.... J’ai leu avec beaucoup de plaisir la unziesme lettre des Jenssenistes. Il me semble qu’elle est fort belle. Mandés moy si ce n’est pas vostre sentiment. Je vous remercie de tout mon cœur du soin que vous avez eu de me l’envoyer avec tant d’agreables choses. Cela divertit extrêmement en tous lieux, mais particulierement à la campagne. Songés donc que vous ferés une