Page:Œuvres de Blaise Pascal, VIII.djvu/65

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SIXIÈME ÉCRIT DES CURÉS DE PARIS 49

voulu présenter au monde leur vray portraict, ils se sont en effet représentez dans leur forme la plus horrible : de sorte qu'après leur déclaration nous pou- vons dire que ce n'est plus nous, mais que ce sont eux mesmes qui publient que leur Compagnie en corps a résolu de ne condamner, ny combattre ces impietez.

Et en effet, si cette Société estoit partagée, on en verroit au moins quelques uns se déclarer contre ces erreurs : mais il faut que la corruption y soit bien universelle, puis qu'il n'en est sorti aucun écrit pour les condamner, et qu'il en a tant paru pour les sou- tenir. Il n'y a point d'exemple dans l'Eglise d'un pareil consentement de tout un Corps à l'erreur. Il n'est pas étrange que des particuliers s'égarent ; mais qu'ils ne reviennent jamais, et que le Corps déclare qu'il ne les veut point corriger, c'est ce qui est digne d'étonnement, et ce qui doit porter ceux à qui Dieu en a donné l'autorité, à en arrester les périlleuses conséquences. Car ce n'est point une chose secrette : elle est publique; ils en font gloire ; et affectent de faire connoistre à tout le monde qu'ils font profession de défendre tous ensemble les senti- mens de chacun d'eux. Ils espèrent par là se rendre redoutables et hors d'atteinte, en faisant sentir que qui en attaque un, les attaque tous^ Et en effet cela leur a souvent réussi. Mais c'est néanmoins une mauvaise politique : car il n'y a rien de plus capable

I. Cf. Pensées, fr. gôô, T. III, p. Sgi : « Un corps immortel. Nous nous soutenons jusques à périr (Lamy). »

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