Page:Œuvres de Blaise Pascal, X.djvu/61

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LETTRE DE PASCAL A MADAME DE SABLÉ 4o

26 mai 1660) *; et, comme l'a noté M. Potel, Vallant a recueilli au ms. f. fr. 17047, p. 37, un Discours du délire en

1. Dans les Opuscules posthumes de M r Menjot, conseiller et médecin ordinaire du Roy à Paris, contenant des discours et des lettres sur divers sujets tant de Physique et de Médecine que de Religion, publiés à Amsterdam, chez Desbordes en 1697, i re partie, p. 1 15, dans une lettre de Menjot à son confrère Puerari, se trouve cette indication : « Feu M. Paschal appeloit la philosophie cartésienne le Roman de la Nature, semblable à l'histoire de Don Quichot » (cf. Ch.-H. Boudhors, Notes sur Pascal et son temps, Revue de l'Ensei- gnement secondaire, I er décembre 1909, p. 388). — La seconde partie de ce recueil contient, à la page 221, une lettre qui, en raison de sa suscription et de certains détails de son contenu, devait arrêter l'at- tention des éditeurs de Pascal. Elle est adressée à Monsieur P...; Menjot y fait allusion à un billet qu'il écrivait à Monsieur de R...; de plus, continuant une discussion qu'il eut avec son correspondant sur l'Eucharistie, il fait cette citation remarquable : « Le texte que vous alléguez que Dieu révéla par fois aux petits et aux simples les choses du salut, en mesme temps qu'il les cacha aux sages et aux entendus de la terre... » Enfin, passant à une consultation médicale qui parait lui avoir été demandée, il prescrit que l'on évite les « veilles, les jeûnes et les applications d'esprit. » L'hypothèse que Pascal serait le destinataire de cette lettre se présente d'elle-même. — Pourtant, l'examen de l'ensemble de la lettre ne nous a point paru de nature à confirmer cette supposition. Il y a dans le ton de Menjot une rudesse qui va jusqu'à la brutalité à l'égard de « l'Eglise romaine »,et il n'est pas vraisemblable qu'il ait pu prendre une pareille attitude en s'adres- sant à Pascal. En outre, si les discussions théologiques qui mirent aux prises, vers 1664, Menjot et Àrnauld avaient commencé du vivant de Pascal, on devrait s'attendre à ce que Menjot fît au moins allusion aux personnes qui l'auraient mis en rapport avec Pascal, Madame Perier, Vallant, ou Madame de Sablé; or, à la différence du billet cité à la page suivante, la lettre à Monsieur P..., ne nous offre rien de pareil. D'autre part, Menjot dit que son correspondant lui avait fait « le panégyrique de l'esprit de vin « et lui avait donné le conseil « d'ajouter à la fin de chaque dissertation, un renvoi aux Médecins célèbres, tant Anciens que Modernes, qui ont le mieux écrit de la cure des maladies... » (conseil que Menjot suivit d'ailleurs lorsqu'il réimprima ses Dissertationes en i665) ; il est bien douteux que ce panégyrique et ce conseil viennent de Pascal : le livre de Menjot, si on en juge par le billet adressé à Madame de Sablé, l'intéressait à un tout autre point de vue.

�� �