Page:Œuvres de Spinoza, trad. Appuhn, tome I.djvu/287

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ne peuvent être déterminées. Si donc nous voulons prendre comme objet d’étude la chose qui est la première de toutes il est nécessaire qu’il y ait quelque principe qui dirige nos pensées de ce côté. En outre, puisque la méthode est la connaissance réflexive elle-même, ce principe, qui doit diriger nos pensées, ne peut être autre chose que la connaissance de ce qui constitue la forme de la vérité, et la connaissance de l’entendement, de ses propriétés et de ses forces ; quand nous l’aurons acquise en effet nous posséderons un principe d’où nous pourrons déduire nos pensées, et une voie par laquelle l’entendement pourra, dans la mesure de sa compréhension, parvenir à la connaissance des choses éternelles, ayant égard à ses propres forces.

S’il appartient cependant à la nature de la pensée de former des idées vraies, comme on l’a montré dans la première partie, il faut chercher ici ce que nous entendons par les Forces et la Puissance de l’entendement. Or, si c’est la partie principale de notre Méthode de connaître parfaitement les forces de l’entendement et sa nature, nous nous voyons nécessairement obligés (par ce qui a été dit dans cette deuxième partie de la méthode) de déduire cette connaissance de la définition même de la pensée et de l’Entendement. Mais nous n’avons jusqu’ici pas eu de règles pour trouver des définitions et, comme nous ne pouvons poser ces règles sans une définition de l’Entendement et de sa puissance, il suit de là que, ou bien la définition de l’Entendement doit être claire par elle-même ou que nous ne