Page:Œuvres de Spinoza, trad. Appuhn, tome I.djvu/289

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


par exemple, quand il conçoit que du mouvement d’une surface naît un corps, du mouvement d’une ligne une surface, de celui d’un point une ligne ; toutes ces perceptions ne servent pas à rendre plus claire l’idée de quantité mais seulement à déterminer une quantité. Cela se reconnaît à ce que nous concevons ces choses comme si elles naissaient du mouvement, alors que cependant nous ne percevons pas le mouvement avant d’avoir perçu la quantité et que nous pouvons aussi prolonger à l’infini le mouvement qui engendre la ligne, ce qui nous serait impossible si nous n’avions pas l’idée de la quantité infinie.

IV. Il forme des idées positives avant d’en former de négatives.

V. Il perçoit les choses non tant dans la durée que sous une certaine forme d’éternité et d’infinité nu­mérique, ou plutôt il n’a égard, pour percevoir les choses, ni au nombre ni à la durée. C’est quand il se représente les choses par l’imagination qu’il les perçoit sous la forme d’un nombre déterminé, d’une durée et d’une quantité déterminées.

VI. Les idées que nous formons claires et distinctes semblent découler de la seule nécessité de notre nature, de telle façon qu’elles paraissent dépendre absolument de notre puissance seule ; c’est le contraire pour les idées confuses ; car celles-là se forment souvent en dépit de nous.

VII. L’esprit peut déterminer de beaucoup de manières les idées des choses que l’entendement formé d’autres idées ; c’est ainsi que, pour déterminer, par exemple, une surface elliptique, il se représente une pointe appliquée contre une corde et se mouvant autour de deux points fixes, ou conçoit des points infinis en nombre