Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 25, 1838.djvu/25

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casserai la tête si tu ajoutes un seul mot. — Prends garde, frère Anthony, interrompit son camarade, nous devons traiter les voyageurs avec politesse, et surtout, avec ta permission, les voyageurs qui viennent de notre pays natal. — C’est ce qui vous est recommandé ici, » ajouta le ménestrel ; et il reprit sa lecture.

« La garde dudit poste d’Hazelside arrêtera et interrogera tous les voyageurs qui passeront par le susdit endroit, leur permettant, s’il y a lieu, de continuer leur route vers la ville ou vers le château de Douglas, mais les détenant et leur faisant rebrousser chemin, si le moindre soupçon s’élève sur leur compte ; du reste, se conduisant en toutes choses avec politesse et courtoisie à l’égard des gens du pays et des personnes qui y voyagent… » Vous voyez, excellent et très brave archer, ajouta le commentateur Bertram, que la courtoisie et la politesse sont surtout recommandées à Votre Seigneurie envers les habitants et les voyageurs qui, comme nous, se trouvent être soumis aux règles qui vous sont tracées. — Ce ne sera point aujourd’hui, dit l’archer, que je me laisserai dire comment je dois accomplir mes devoirs. Je vous conseille donc, sir ménestrel, d’être franc et sincère dans vos réponses, et vous n’aurez pas lieu de vous plaindre de nous. — J’espère, en tout cas, reprit le ménestrel, que vous aurez de l’indulgence pour mon fils, qui n’est encore qu’un pauvre garçon timide, et peu habitué à jouer un rôle parmi l’équipage de ce grand navire qu’on appelle le monde. — Eh bien ! » continua le plus poli et le plus âgé des deux archers, « si ton fils est novice dans cette navigation terrestre, je réponds que toi, mon ami, à en juger par ton air et ton langage, tu es assez habile pour bien diriger ta barque. Il faudra que tu répondes toi-même aux questions de notre gouverneur ou de notre sous-gouverneur, afin qu’il puisse juger de tes intentions. Mais je crois qu’il est possible de permettre à ton fils de rester dans le couvent ici près, où, soit dit en passant, les nonnes sont aussi vieilles que les moines, et ont bientôt d’aussi longues barbes, ce qui est fort tranquillisant pour la moralité du jeune homme. Là, il attendra que tu aies terminé tes affaires au château de Douglas, et que tu sois prêt à te remettre en route. — Si une telle permission peut être obtenue, je préfère laisser mon fils à l’abbaye, et aller moi-même, en premier lieu, prendre les ordres de votre officier commandant. — À coup sûr, c’est là le parti le plus sage et le meilleur ; et avec quelques pièces d’argent, tu peux t’assurer la protection de l’abbé. — Tu dis bien. J’ai connu la vie ; j’en ai observé