Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/312

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O beautez qui filez la trame de mon jour ?
Ou quand me rendrez vous plus heureux en amour,
Philis mon cher souci, ma vie et mon idolle ?


Philis

Tu rougis Calidon et tu perds la parolle,
Tu trembles.


Calidon

Tu trembles.C’est d’amour, mais las ! qui ne craindroit
Les esclairs de tes yeux, et qui ne se rendroit
Tributaire et vaincu aux doux traits de ta veue ?
Et qui vit dans ce bois que ta beauté ne tue ?
Celuy qui esclairé du beau jour de tes yeux,
Voit libre et sans amour la lumiere des cieux,
Est indigne de vivre ou a l’ame de roche,
De qui jamais l’amour ny le plaisir n’approche.


Philis

Ains on le doit juger d’un esprit bien posé,
Qui aux charmes d’Amour sainctement opposé,
Triomphe des appas dont la douce puissance
Donne à nulle douleurs une amere naissance.


Calidon

Mais qui vaincroit un Dieu tousjours victorieux ?


Philis

Celuy de qui l’aspect ne se roulle ocieux