Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/387

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DISCOURS


Ainsi que parmy l’air les passageres grues
De leur superbe vol avoisinant les nues,
Tracent maint charactere et soudain le deffont :
Ainsi mon cœur leger en project plus second
Que le Ciel en flambeaux, dessus mille pennsées
En mon affliction sainctement ramassées,
Esleve ses desseins plus muables cent fois
Que la mer courroussee, ou les feuilles des bois
Car un pudique nœud ores mon cœur enlasse,
Et ores mon esprit dans le monde se lasse,
Guidant son vol au Ciel, puis mon ame soudain
Empestree aux destours du dedale mondain,
Destourne ses regards du Ciel son origine,
Et devant les plaisirs idolatre s’incline
Le lustre des grandeurs qui prompt s’esvanouit,
Tout ainsi qu’un esclair, mon œil foible esblouit
M’aleche, ma caprive, et le miel de ses charmes
Rebouche en un moment la pointe de mes armes
Je cede à son pouvoir, et oublieux du Ciel,
Je repais mon esprit d’un ambitieux miel,
Dont la vaine douceur empoisonne mon ame.
Ore la vanité d’un si doux trait m’entame