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du franc la garantie d’une amélioration rapide. Pourtant, l’expérience américaine, avec le dollar-roi montre la vanité d’une telte affirmation. Enfin, suit, une menace Le prochain budget, dont le vote sera poursuivi sans désemparer, à partir, de iqudi ; marque un nouveau progrès. IL prévoit d’importantes éco- nomies. Comme il, i ne s’agit pas de ; réduc- tions massives des budgets de guerre et de police, ces « importantes éco- nomies », ne peuvent, être qu’une nouvelle série de mesures contre les travailleurs/ Vaguespromesses Et, voici quelques promesses vagues pour- calmer, les impatiences .I)e même que nous protégeons l’agriculture, nous voulons aider les commerçants. Après la loi sur lit re- vision de" leurs baux, j’espère’ qu’ils apprécieront te remplacement de l’impôt.sur Je chiffre d’affaires par la.. taxe unique pour de nombreuses catégories.. • Après ces promesses, Daladier ex- posa les » idées radicales » sur ’.tes «domaines » d’outre-màr. r ’C’est la reprise intégrale du pro- gramme colonial Tardieu-Reynaud, ajjpelé par eux « politique impé- •rialé », . L’alliance franco-anglaise Et le président du conseil termine :

: -+ Au cours des entretiens 

que nmis avons eus’ à Paris, M. Paul- Boncour- et moi-même, avec M. Mac- Donald et sir John Simon, nous avons été profondément touchés d ?. la sympathie si sincère, de l’amitié si cordiale qu’ils témoignaient à no- tre pays. De concert, nous avons étudié les problèmes essentiels de l’heure présente, avec la volonté commune de rechercher tous les moyens de maintenir la paix du mondé. Il est certain qu’un accord de la Grande-Bretagne etdela France, accord non exclusif, accord auquel sorit conviés avec cordialité tous- les peuples, est la plus sûre garantie de la paix de ï’Europt. Cela aussi, croyez-le bien, on te sait partout. ’•. Lès travailleurs comprennent que ces accords entre puissances de proie ces accords entre dep ne peuvent que préparer la guerre. Le discours optimiste de Daladier ne parviendra pas à masquer les dangers de guerre qui s’élèvent sur tous les poitits du globe. Rénovation économique, organisa- tion loyale de la paix autant de bobards qui voilent mal la politique impérialiste du gouvernement Dala- dier-B, oncour : RADIO-DISCOURS Ça fait plus d’un an que e suis sans travail}. •’ Taisez-vous donc ! Vous, m’empêchez d’entendre M. Dulàffier ex* primer son optimisme le châtelain Un .journal local du Loiret annon- çait ces’jours-ci, à grand tam-tam, une fête- «., au, château de Champ-du-Guet, propriété de M. Fianéette ». M. Fiancette ?’ nous connaissons ce noiri-là. Serait-ce .? Non C’est im- possible ! Le’ militant socialiste, châ- telain ? Comment l’intègre Fiancette, chauffeur de taxi, aurait-il par son travail ramassé pareille fortune 1 Eh bien si c’est lui. C’est lui le châtelain. Il a acquis pour deux mil- lions le magnifique domaine de Champ-du-Guet, près Villeneuve. — Deux cents, hectares. Meubles de prix : Le ’député SlF.I.O. Fiancette pourra recevoir •’ dignement son ami Spinasse, autre châtelain. Apartird’aujourd’hui ! À partir d’aujourd’hui ! II. la Li brairie de ^’Humanité, 120, rue La- FEUILLETON DU 14 MARS 33 Georges DAVID LE BEAU JL/)~L~JLD~U ; ~–)&.J’ JD)]E’, A~ T PREMIERE PARTIE Au’bas de la côte, mon pied re- commença à me faire mal. La bru- me venait, noire. Les lampes s’al- lumaient, à gauche de la route, dans les fermes. Des chiens jappaient, loin. Mon père ne me parlait point. Etait-il content ? Et ma mère, que dirait-elle, ce soir ? Et ma sœur, avec son pauvre regard souffrant ? 1 Et ma grand’mère Virginie qui, tant et tant, se mangeait les- sangs, pour nous autres ? Moi je trouvais tou- jours M. de Champeaux distingué, malgré son insolence, mais je m’é- tonnais qu’il n’eût pas fait plus at- tention’ à moi. Ne pouvant plus marcher, je m’assis sur une borne. J’aurais voulu quitter mon soulier et mettre mon pied brûlant dans la boue glacée. Il devait faire bon, à cette heure, chez Simonet, entre les braises d’ormeau et le paravent, à boire du lait sucré au miel en lisant La Prairie, de Fenimore Cooper. Mon père s’exclama, soudain V’là une carriole, là-bas. Un attelage à lanterne allumée, UNITÉ D’ACTION ! Unecontroverse à Montereau Le rayon communiste de Montereau convia, samedi dernier, la seélion so- cialiste à une controverse sur l’unité d’action, en" proposant un programme lo’cal pratique. La section donna son agrément par une lettré où elle indi- quait son intentièn de réaliser le’front unique « Ayant fait comme vous le tour de l’horizon ; • politique, aussi bien local que national et . international, la section croit en effet devoir, y, lisait- on, apporter son concours à une ten- tative de front commun ouvrier- les ré- cents événements en démontrent la né- cessité » Et plus loin « Recevez donc, chers caviàraclei communistes, ’le. salut de vos frères’ de misère al bientôt, je souhaite, de combat "»’. La réunion, qui attira 350 travailleurs, sous la présidence de notre camarade Chazal, eut lieu dans le respect des con- ditions «convenues. • Mais la fédération de la Seine avait délégué pour se substituer’aux membres de la section un certain Dupont. Quand Darnar, au nom du. rayon (dont il était membre jusqu’à ces tout derniers jours), ayant exposé les résultats de la poli- tique de moindre mal et de bloc des gauches et opposé le, front unique de classe, eut exprimé les propositions du rayon a la section, ce M. Dupont, évitant de répondre, fit une digression, venimeu- se sur. le télégramme ZinoViev, la discipline du Parti communiste et con- tre l’U.R.S.S. A maintes reprises, l’auditoire le hous- pilla, et seules les énergiques interven- tions de Chazal lui permirent de conti- nuer. D’ailleurs, Capron, député de la Seine, lui répliqua vertement. La question ramenée à l’unité de lutte, et une réponse nette exigée, M. Dupont s’arrogea au nom de la section la mis- sion de répondre « Nous -voulons œu- vrer à l’unité organique. Nous répon- dons non ait front unique ». C’était refuser l’accord précis et l’an- tion sur les points’ urgents où les tra- vailleurs communistes et socialistes de Montereau sont ! d’accord. Dès hou sa- luèrent le refus et l’ordre du jour. d’unité d’action fut d’ailleurs voté par l’énorme majorité. Trois voix seulement contre, de nombreux socialistes qui ne ca- chaient point leur mécontentement" du travail de division de Dupont ayant refusé de voter contre l’unité de lutte. L’ordre du jour préconise la création d’un comité d’unité de lutte et notre rayon ne laissera aucune occasion de proposer encore l’unité d’action aux ca- marades socialistes, qui avaient montré des intentions bien mal servies par Tara» teur officieux de la fédération de la Seine. CHOMEURS DESAINT-MAUR Tous ce matin à 9 K. 30, salle’ Ranria- dier, 11, avenue de la République, pour protester contre les radiations, la sup- pression du charbon, les ’diminutions d’allocations fayette, offrira gratiùteinent à tout acheteur du numéro spécial des Cahiers du Bolchevisme, la brochure éditée spécialement pour le Cinquantième an- niversaire de la mort de Karl, Marx. La librairie étant ouverte sans mter- rv.ption toits les jours, de g heures à 19 h. 30, sauf le dimanche les cama- rades peuvent donc profiter de Vheure du déjeuner ou de la sortis du soir pour y passer faire, leurs achats. Le numéro 5 de la’ «lesiiaeiévol&stion » estparu consacré à MARX le réclamer au BUREAU D’EDI- TIONS, 132, faubourg Saint-Denis. LE NUMÉRO UN franc qui cahotait au long d’un chemin de traverse, prit la route devant nous. Mon père appela dans la nuit. C’était Giloin le boulanger, à qui nous devions de l’argent ? Il se re- tourna dans sa peau de bique, nous fit place sur la banquette, gêné, mon père s’excusait C’est pour le drôle. Il a les pieds en sang. C’est pas pour moi. Si ç’avait été que pour moi. Je guettais les paroles de Giloin. Pourquoi ne disait-il rien en re- muant ses guides sous la lueur rou- ge de la lanterne ? Etait-il vexé d’avoir fait monter les Beauceron .dans sa carriole, des gueusards qui devaient deux coches de pain ?, Avant d’entrer en ville, le cheval, habitué, s’arrêta. de lui-même à l’au- berge de la Croix-Verte. On en suce un coup ? demanda Giloin en enroulant ses guides à la mécanique. Si on veut. Mon père devait, là, -offrir un ver- re au boulanger. Celui qui profitait d’une occasion payait chopine. Mais avait-il six sous dans la poche, pour payer chopine ?I ? Tout en buvant debout, près de la table couverte de toile cirée, mon père, si « bouche cousue » d’habi- tude, n’arrêtait pas de causer avec Giloin et la patronne des élections et du commerce qui n’allait pas. Les verres vides, il fit semblant de s’intéresser aux portraits en cou- leur de Gambetta et de Jules Ferry, pendus de chaque côté de la glace. Il se dérangea même pour aller les regarder de plus près. Alors, le bou- langer, haussant les épaules, rame- na sa sacoche jaune devant lui, en "LETRAVAIL SERAPAYE0, 25l’HEURE MAISSEULEMENT S’ILESTEXÉCUTÉ AVEC ZÈLE"! Voilàce que l’Assistancepar le Travail ose proposer aux chômeurs ! ë < S 1 SOCIÉTÉ D’ASSISTANCEPAR LE TRAVAIL DESVlirETXVU1ARRONDISSEMENTS Reconnue d’utilité publique p&r Décret’ du 28 Janvier 1897 Bureau* et A.tall»nt 141 bia, rue Sausâtate, à Patl» V D’ORTOEr. "BON I3B3 "T^Jiû^JLILj pour $>heuresconsécu^an, ^6^ Remis à-/J , Ç^I^rf^afe^^C.. N.-B.– Le travail sera payé Sfaisou^a 28 centimes rheute, mais seulement s’il a été exécuté avec^ére et. bonne volonté. 8e présenter, sans outits, «ibis, Rue Saussure, à 9 h. ou ai heure Fac-similé d’un bon pour trois heures de travail et quinze sous de salaires 1 Chômeurs, on vous embauche à cinq’sous de l’heure I C’est l’insulte. la plus cynique, en même temps que l’exploitation la plus éhontée au nom de ce que la bourgeoisie appelle, la « charité », Et l’organisation qui exploite de cette façon les sans-travail se dénom- me « Société d’Assistance par le Tra- vail » des 8e et 17° arrondissements à Paris. Cette organisation est reconnue par l’Etat « d’utilité publique », à quel titre ?2 Au titre de l’exploitation, sans doute 1 Pour cinq sous du zèle et de la bonne volonté ! Mais ce n’est pas .tout. En guise de secours immédiat, des bons de tra- vail pour cette maison sont distri* bues aux chômeurs. En plus des in- dications sur le « salaire » dont nous avons’ déjà parlé, il est dit « Le travail sera payé à raison de 0 fr. 25 de l’heure, mais seulement s’il a été exécuté avec zèle et bonne volonté »1 Ça c’est le bouquet Ainsi, si le chômeur n’a pas travaillé comme un forcené, s’il n’a pas « rendu » la nor- me fixée, il ne touche même pas ses cinq sous t Et si le chômeur repousse ce bon de travail forcé qu’on lui donne alors c’est la radiation. « Vous avez refusé du travail, lui dira-t-on, à la Commission paritaire, Radié » Telle est l’opération qui se réalise maintenant sous le gouvernement des gauches, sous la houlette du mi- nistre François-Albert. Telles sont les économies que réa- lise le gouvernement Daladier sur l’immense armée des cirève-la-faim, au nom de1’ u-, Assistance », de laIa m charité }>“ du » relèvement » ^dea, Sans-trâvàil." "r"^

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65 ans. Salaire 1.25 par jour Et l’exemple est suivi rapidement par le patronat. Un ouvrier agricole de 65 ans, «faisant la route n, com- me on dit dans la région de Mantes, a été embauché pour une journée au « Maignée ». Il a travaillé 14 heu- res 30 et a reçu cinq francs comme salaire. Dans une autre ferme, chez Prigneur, à Fontenay-Saint-Pôre, on lui a offert 1, 25 pour sa journée I. De tels salaires de misère s’accom- pagnent encore de mesures de radia- tions massives déjà commencées dans le 13°, le 4°, où les chômeurs ont déjà riposté. A Saint-Maur, la municipalité et le maire Marin refu- sent de recevoir les délégations des chômeurs venant protester contre les radiations. Le charbon est refusé aux chômeurs logeant en hôtel, me- sure frappant plus particulièrement les chômeurs coloniaux. 300 chômeurs viennent d’être dimi- nués, et, au 31 mars, tous les cama- rades inscrits depuis plus de 180 jours, sont menacés d’être impitoya- , blement radiés Le 19 mars, porte d’Italie Toutes les revendications que les chômeurs avaient jlusqu’à mainte- nant arrachées par la lutte sont me- nacées 1 La menace du travail forcé officiel pèse sur eux, le gouverne- ment radie, le vautour, expulse. II est temps"’d’opposer à l’attaque générale de la bourgeoisie, une ri- poste de masse contre les radiations, et ^inscription de tous pour du tra- vail avec un salaire payé au tarif syndical, po.ur l’exonération des loyers. tira six sous et les jeta sur la table. Je suivais maintenant mon père sans « hoitôuser », dans la’ nuit des promenades. Je n’avais plus froid, le vin blanc me chauffait la tête. Deux demi-verres de vin, aujour- d’hui. Je n’en avais pas bu depuis six mois. Je ne me demandais point si ma mère serait contente de la réponse de M. Champeaux. Je me disais « Je suis saoul, je suis saoul comme une grive ». J’avais envie de chanter la chanson des soulards T’es saoul, bonhomme. T’es saoul, bonhomme, T’as bu. Loin dans le faubourg, après les haies et les murs bas des jardiniers une lueur se plaquait sur la route ’• la porte de chez nous était ouverte. Je criais à mon père, dans le vent Encore une sabotée, et on ar- rive à la cassine. Accotée à la barrière de bois du père Blot, ma sœur nous attendait, Elle entra dans la maison en cou- rant. Les voilà Je butai dans la barre du seuil, et cela réveilla mon mal au pied. Je n’étais plus saoul. Dans la fu- mée de sapin mouillé, toujours, ma mère, n’osant pas nous demander des nouvelles de notre voyage, sor- tait de grosses pommes de terre noi- res de la marmite, des « pommes de terre à cochons ». . II Beaucoup d’heures mauvaises en- core, beaucoup de jours de misère soleil de mai, soleil de ma jeunesse chantaient dans ce temps-là les ou- vriers peintres beaucoup de jours è »• iVATBIODLB Fritsch fut, il y a un an, assassiné pour avoir défendu ces revendica- tions. Sur sa tombe, dimanche pro- chain, 19 mars, la masse des sans- travail se rassemblera pour travail- ler à les arracher. Nousvoulons amnistie (SUITE DE LA PREMIERE PAGE) Les mesures individuelles de clémence que se proposent d’accorder l’empereur cl’Annain et le gouverneur général pa- raissent insuffisantes. Le Comité deman- de une amnistie générale pour tous les condamnés politiques d’Indochine. Le Comité fait appel à toutes les per- sonnalités et organisations pour venir se joindre à lui. Pour toute correspondance, s’adresser à notre ami Pierre Cassac, 57, rue Char- lot (3° arr, ) Paris, Ducrouxest condamné a un an de prison Le gouvernement vient de faire condamner Ducroux à un an de pri- son. Depuis le 31 octobre, il poursuivait c.e but de le garder à Saïgon, loin de tout contrôle des travailleurs fran- çais, pour pouvoir disposer de sa vie à son gré. A présent, Ducroux reste pour un an enfermé à Saïgon, dans cette mê- m.e prison où^ dernièrement, deux de nos camarades du P. C. d’Indochine étaient poussés au suicide, dans les mains de ceux qui faisaient disparaî- tre ensuite l’un d’entre eux. On voit quels dangers menacent encore Ducroux, Il faut l’anracher de cette prison 1 Il doit immédiatement être rapa- trié. _ Pûûr ; l’imposer ; . paivtout ; d.an’}es ; méefcin-gs, dans les’. réunions ;, ’inani^ f estez pour le retour en France de Ducroux. Quatrecommunistes dontRadiguet, ducomité central desi. C., arrêtésenAlgérie Quatre de nos camarades, dont Ra- diguet, membre du Comité central des jeunesses, viennent d’être arrêtés en AI- gérie.

: . .1 

Arrêtés dans les conditions’ arbitrai- res les plus’ scandaleuses, alors qu’ils allaient à la tête d’un millier de pay- sans algériens réclamer une salle au maire pour tenir un meeting Arrêtés parce que, militants de notre parti, ils luttent à la tête des paysans algériens contre les ex-propriétaires dont ces derniers sont victimes. Arrêtés pour permettre il l’impérialis- me français de voler plus facilement les terres dés fellahs. En effet, de vastes expropriations, vé- ritables vol des terres appartenant aux puysans algériens, ont lieu en ce mo- ment en Algérie. En guise d’indemnité on leur offre 100 francs pour un hectare en valant 2.000. Et encore, ces 100 trancs, ils ne les toucheront pas, ils passeront presque intégralement pour le paiement des impôts. Aussi le mécontentement gronde par- mi les fellahs. VHuman’iXé a déjà re- laté les manifestations qui se sont dé- roulées à Blida ; à l’Arba. Les paysans algériens suivant les mots de notre Par- ti ont décidé de résister aux expropria- tions de rester sur leurs terres et de les cultiver. Grâce il cette action, en plusieurs en- droits, notamment à Blida, ils ont réus- si à faire reculer les ex-propriateurs. 1 Contre les expropriations, pour la li- bération de leurs militants, les travail- leurs de France doivent se joinaïe à leurs frères d’Algérie, doivent protester vigoureusement 1 de misère se bousculent dans ma mémoire. Ils me crient «Etmoi ? Et moi ? Tu te souviens de cette journée, de ce coup de trique sur les reins, de cette morsure à empor- ter la peau, ta sale peau de Beau- ceron sans le sou ? ». Ah oui, toi, je sais, un soir, une nuit, plutôt, le lendemain de la foire des Rois, pas longtemps apres avoir été tirer la sonnette de M. de Champeaux, au château du Coudray, oui, je me souviens ma mère s’encourant de chez nous pour aller se jeter à l’eau. Ces commencements d’année, en plein hiver, comme ils nous co- gnaient dur sur l’échiné. Mon père disait Tous les ans, c’est la même chose on tire à peu près sa bou- gresse de vie jusqu’à Noël. Après, dame, quand le premier de l’an est passé, les merles chantent plus comme les grives on crève de faim. Et nous crevions de faim. Geloin, le boulanger, fermait sa porte quand il nous voyait traîner dans la rue. Mon père souffrait du ventre. Les drôles braillaient. Ma grand’mère partie emprunter 40 sous au notai- re ou à M. Hardy, le marchand de nouveautés, revint les mains vides. Alors, ma mère cria qu’elle irait de- mander du pain aux portes des ri- ches le samedi, comme les ramas- seurs de guenilles du champ de foi- re. Elle injuria mon père qui, la figure mauvaise et le torse en avant, par-dessus la table, la gifla. Et pendant qu’il retombait, pros- tré, sur une chaise, ma mère bon- dit comme tme folle, s’en allant vers, la ville,


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Karl Marx et l’unité d’action du prolétariat

(SUITE DE LA PREMIÈRE PAGE)



Cette conception marxiste de l’unité du parti du prolétariat est exactement celle de Lénine qui la formula notamment en 1915 au moment où, après le krach de la IIe Internationale, se posait pour le monde entier le problème de la reconstitution de nouveaux partis ouvriers.

« L’unité du prolétariat est son arme la plus grande dans la lutte four la révolution, socialiste. De cette vérité indiscutable, il suit tout aussi indiscutablement que lorsque des éléments petits-bourgeois capables d’entraver la lutte pour la révolution socialiste adhèrent en grand nombre au parti, prolétarien, l’unité avec ces éléments est nuisible, mortella pour la cause du prolétariat. »

Et plus loin :

« L’unité de la lutte prolétarienne pour la révolution socialiste exige maintenant après 1914 la séparation absolue des partis ouvriers et des partis opportunistes »[1].

Mais Marx et Engels de même que Lénine ne se contentent pas de montrer la nécessité de l’unité de principes dans les rangs du parti ouvrier et le danger mortel d’une atténuation et d’une confusion de ces principes dans ses rangs ils montrent en même temps la possibilité d’accords temporaires sur une base déterminée pour un but précis du parti du prolétariat avec les autres partis à composition ouvrière et petite-bourgeoise.

Dans sa lettre, du 8 avril 1886 à Sorge, Engels s’exprime ainsi sur cette question

« Le mieux, c’est que nos Français appliquent bien envers les possibilistes la même tactique que Marx a recommandé aux Eisenachiens vis-à-vis des Lassalliens. »

Et qu’est-ce donc que cette tactique ? Marx nous donne la réponse claire dans sa Critique du Programme de Gotha.

Après s’être vigoureusement élevé contre le congrès de fusion opéré dans la confusion des principes et aboutissant à un programme « absolument condamnable et qui démoralise le Parti », et après qu’Engels eût déclaré que ni Marx ni lui-même n’adhéreraient jamais à un tel parti, Marx déclare qu’au lieu de commettre cette faute :

« On devait se borner à conclure un accord pour l’action contre l’ennemi commun. Les chefs des Lassai* liens venaient à nous, poussés par les circonstances. Si on leur avait dés l’abord déclaré qu’on ne s’engagerait dans aucun marchandage de principes, il leur eût bien fallu se contenter d’un programme d’action ou d’un plan d’organisation en vue d’une lutte commune »… (Critique du Programme de Gotha, lettre d’envoi à W. Bracke, p, 19, librairie de l’Humanité, 1932.)

Lénine raisonne de la même façon lorsque, dans l’article déjà cité sur l’unité du prolétariat, il note :

« Le prolétariat voisinera toujours — tant que durera le capitalisme avec la petite bourgeoisie. Il serait sot de sa part de renoncer à conclure des alliances temporaires avec elle ; mais l’unité avec elle, l’unité avec les opportunistes ne peut être maintenant défendue que par les ennemis du prolétariat ou par des hommes qui restent abrutis dans la routine de leur fin d’époque. »

L’unité d’action que propose actuellement l’Internationale communiste et notre parti découle nécessairement de la conception de Marx et d’Engels, reprise et développée par Lénine, C’est dans cette voie que nous continuerons de marcher, certains d’appliquer les enseignements du marxisme.


André FERRAT.



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Diffusion de masse de la brochure populaire contenant L’Appel de l’Internationale communiste et lalettreduParticommuniste AUXOUVRIERS SOCIALISTES ETALAC.A.P. pour l’organisation de la lutte commune des travailleurs socialistes et communistes Passez vos commandes La brochure 0 0fr. 15.– Le cent s ’Wfr. BUREAU D’EDITIONS. 132, ta Saint- Denis. Paris (1O«), Cliè«ne postal 943-47, Suis-là, me dit ma grancl’mère Virginie. Adeline, sortie derrière moi, vou- lut me rejoindre, mais je la repous- sai, brutal, moi aussi, contre le mur du père Blot. Non pas toi. fous-moi la paix. Passé l’épicerie, ma mère tourna à gauche, sur les promenades. Il gelait à pierre fendre, et la lune éclairait en plein les fûts des pla- tanes. Ma mère courait en savates, sans tourner la tête. Elle devait m’entendre, pourtant mes galoches cognaient dur sur la route, pendant que je comptais les arbres qui me séparaient d’elle plus que sept, plus que six, plus que cinq. Elle tourna encore à la corderie et prit de la vitesse dans les che- mins de l’abreuvoir. A vingt mètres de son ombre, je m’encourageais, me parlant tout haut L’eau est gelée. elle ne pour- ra pas, elle ne pourra pas.. Je l’atteignis comme elle s’arrê- tait, plaquée contre une porte de grange, les bras écartés. Elle me regarda, hébétée, posa ses doigts sur ma figure en sueur, et, sans desser- rer les dents, revint vers sa misère. Je marchais derrière elle, prêt à lui barrer la route si elle voulait re- tourner à l’abreuvoir. III Et parmi d’autres misères plus « conséquentes » de la misère à charretée une méchante misère de quatre sous ne mordit plus durement, peut-être, parce que, drôle froidement égoïste, je fus, ce soir-là, griffé et 11e semaine de grève PASUNERENTRÉE HIERAARMENTIERES Armentières, 13 mars. {Humanité.) Depuis dix semaines rien n’est par-, venu à ébranler la volonté farouche de résistance dés C.ûOOgrévistes d’Àrmén- tiéres. Aujourd’hui, on entend les prolétaires ’s’écrier « Les patrons doivent en faire un nez. Avec une grève mieux dirigée et surtout d’une façon plus active, nous aurions dû déjà les faire reculer. » C’est la condamnation nette des mé- thodes réformistes qui président, malgré les efforts de nos organisations unitaires, à la direction de cette grève. Notre syndicat vient d’éditer un tract dans lequel il expose longuement les moyens d’obtenir la victoire, Plusieurs exemples illustrent cette affirmation. Après l’exposé des revendications, notam- ment la suppression de quatre métiers, une critique ferme est faite des inéthoile.s réformistes dont Sniedts, chef réformiste, est le porte-parole dans les assemblées grévistes, ainsi que les dirigeants réfor- mistes Bauche, Coquelard et Vandeputle, à Lille, à La Gorgue-Estaires et dans ia région. Une fois de plus il est avéré que de nombreuses organisations confédérées font appel aux travailleurs pour soutenir soi-disant « tous les grévistes », alors qu’en fait elles ne soutiennent que les seuls syndiqués confédérés. C’est ainsi qu’a la date du 2 mars, les organisations unitaires ont versé 23.304 fr. alors que les chefs confédérés n’ont versé que .3.834 fr. Ajoutons qu’il y a plus de 4.000 inorga- nisés qui résistent magnifiquement avec ; les syndiqués de toutes tendances. Hier matin, notre camarade Leroy, condamné au début de la grève à qua- rante-huit jours de prison, a été libéré- Plus de cent camarades avaient tenu à venir le chercher à la gare, où le secré- taire du S. n. I . a pris la parole, Trois cents gardes mobiles avaient été mobi- lisés. Les enfants du socialiste Renaudel ayant interdit les chants, ne purent em- pêcher nos camarades de siffler des airs révolutionnaires, puis de ’se rendre en groupe au siège du syndicat. Une, nouvelle entrevue doit avoir Ueu avec les patrons et un grand meeting es", convoqué par nos syndicats, meeting où doivent prendre la parole Gilbert, Declercq et Mauvais, du Bureau confé- déral. Martha Desrumeaux. AMarseille dessoudeurs deschantiersnavals rejoignentla lutte Marseille, 13 mars. [Humanité.) Les 150 sondeurs en. grève à Marseille ont passé le cap du lundi sans enregis- trer une seule défection. Ce matin, à l’assemblée générale des lock-outés et grévistes, " il a été annonce l’entrée dans le mouvement des soudeurs des chantiers et ateliers de Provence, qui travaillaient à la serrurerie. Lock-outés et grévistes ont affirmé leur volonté de ne pas laisser entamer leur bloc. Dans un ordre du jour voté à l’unanimité, la solidarité financière des métallos marseillais s’affirme. Sa- medi, sur cinq chantiers seulement, 1.500 francs ont été collectés, L’Union régionale adresse aujourd’hui un appel aux, syndicats des autres corporations pour aider le mouvement des soudeurs de leurs gros sous. Les syndicats de la Fédération des métaux doivent eux aus- si apporter leur appui. Ce soir se tien- nent les cinq réunions de chantier an- noncées.. Mercredi aura lieu un grand meeting corporatif de tous les métallos marsçillfus, . .où la question du, soutien des, soudeurs sera : -posfje. avec a.rppleur, — 4"G.Gawpï ; h"

— ’" •• A l’aide du peuple malgache IL MANQUE 7.000FRANCS POURL’ENVOI D’UNAVOCAT AMADAGASCAR L’indignation du peuple malgache .e st à son comble. Depuis des mois, l’île est sous un régime de terreur inouïe, et le nouvel arrêté du gouverneur Cayla menaçant de la prison les malheureux indigènes coupables de ne pas pouvoir payer leurs impôts est une des mesures les plus hideuses qui aient été prises au cours des’ derniers mois contre le peu- ple malgache. Les malheureux qui se trouvent dans l’obligation de vendre à vil prix, lors- qu’ils trouvent preneurs, leurs rizières, leurs animaux de basse-cour, leurs troupeaux de bœufs, et qui de ce fait ne pourront pas s’acquitter de leur impôts, seront jetés en prison. C’est le sort de 3.500, 000 paysans malgaches’ qui est en jeu, et pour l’heure présente de .l’àvant-garde du prolétariat et de la paysanherie malga- che qui.se dresse courageusement con- tre la terreur impérialiste. Les manifestations se succèdent’ à Madagascar contre cet odieux arrêté, et aussi les menaces les plus lourdes contre la vaillante section malgache du Secours Rouge International. Car il est clair que les premières victimes, de cet arrêté ce seront les mi- litants du S. R . I. et de l’Aurare Mal- gache. Le gouvernement Cayla veut forger de nouvelles armes. pour tenter.de ré- duire tout un peuple et les dirigeants mordu moi seul, le drôle. à Beauce- ron, et non les autres de la bouti- que. Lesoirde«LaGrâcedeDieu». De la boue par dessus les galoches, nous rodions, vingt drôles, devant le c : Grand Théâtre Bordelais » installé depuis trois semaines sur la place fies Halles, près de la fonfaine. Un dimanche de fin d’hiver, après vê- pres. De la pluie glacée, en rafales, des coups de vent qui rabattaient vers les devantures la fumée des mar. chands de marrons. L’affiche du (héâtre portait « La Grâce de Dieu », drame en 5 actes, d’Adolphe d’Ennery, joué et chanté par toute la troupe. Avec costumes, décors et ac- (essoires analogues au sujet de la pièce. Juchés sàï 1 estrade, nous nous poussions pour regarder, entre les toiles du contrôle, les rhaises des premières et it ? bancs des places y bon marché », vagues, dans l’ombre de la baraque. Le rideau représen- tait l’entrée d’un château une grille un parc. On aurait dit le château à M. de Champeaux, au Coudray. Des gens allaient à la voiture de location, retenir leurs places. Moi, de temps en temps, j’enfonçais deux doigts au fond de ma poche pour tâ- ter mes dix sous le prix d’un pou- lailler. En arrivant de bonne heure, ce soir, au théâtre, je verrais quand même la « Grâce de Dieu ». Dix sous mon pourboire d’ar- pèie. Mon père n’ayant pas voulu m’ap- prendre son métier de crève de faim, et le fer valant- mieux que la tuile, j’étais serrurier, aux longues années trois ans sans être nourri et sans gagner d’argent chez le père Mar- Programme de la soirée commémorative aujourd’huià Bullier L’Internationale, par l’Harmonie Municipale de yitlejuif. Marche funèbre, par la Chorale Juive. Manifeste Communiste, chœur ; parlé composé de textes de Marx, par l’Eglantine, (F.T .O.F.). Le cinquantenaire de la mort de Karl Marx, discours de Maurice Thorez, secrétaire du Parti Commu- niste, Appel de l’Internationale Commu- niste. En Avant, par la Chorale de l’A. E.A.R. Lectures Extraits de la guerre, civile en France (Chapitre IV) Lettres de Jenny Marx Discours d’Engels sur la tombe de’Marx, ’ par P. Vaillant-Couturier. La Carmagnole, par la Chorala del’A.E.A.R. « Que. les classes dirigeantes trem’ blent », par le groupe Octobre (F. T. O. F.).}. La Commune, L’Aviateur rouge, par la Chorale Juive. L’Internationale, par les Chœurs et l’Harmonie. Demain, à MagicCity pourl’exonération desloyers Dans le 12% le 16° et bien d’au-1 tres arrondissements, à Chelles aussi, des camarades sont directe-" ment menacés d’expulsion et de sai> sie. • Les chômeurs avec leur maigre allocation ont déjà trop de peine pour vivre et’ ne peuvent payer leur ; terme. Les travailleurs également sont menaces d’avoir à payer les paliers de 15 et pour lutter contre cela’ ils seront solidaires de tous les chô~- meurs. Contre les 15 Pour l’exonération des loyers, du gaz, de l’électricité, au profit des < sans-travail. Tous à Magic-City, rue de l’Uni- versité, à 14 h. 30. L’Union des comités de chômeurs. ATTENTION Ç’est le 26 mars qu’aura lieu te banquet annuel des «AmlsflelaComiimne» MIEUX, MEILLEURMARCHÉ ; AU CI1ATELET, Ets ALLEZ FRERES, se poursuit, jusqu’au samedi 18 mars, l’Exposition- Générale d’occasions excep-> tonnelles a tous leurs rayons. Les Ets ALLEZ FHEiRES, . ’toujours sou* cipux de leur réputation, , , orit réuni des articles de .qualité à, des prix uniques de ! bon .ma.rçjïêv, Ènautfàèe-’cèiitî’a’lv’idëvis •^r&t’iiin1 •’= I •’ijj’l aa Jtj9(.[ nO .’nsiTHOuoi si ! ?H : ’wniii> du mouvement anti-impérialiste au si* lence en jetant i.es derniers en prison. Nous devons sauver nos frères op- primes, affirmer notre solidarité ao«  tive a, vec le -peuple, opprimé de Mada- gascar. Le grand procès des militants di| S. R. I. et de l’Aurore Malgache va, fciçntôt s’ouvrir. Nos camarades attendent l’avocàtj du S. R . I. et la délégation ouvrier^ annoncée., Il manque y.oto francs pour permet- tre le départ-de l’avocat qui défenàra nos camarades. Les travailleurs de ce pays ont déjà prouvé, par leurs oboles, qu’ils feront tout pour sauver la vie des 200 Maga-» ches poutsuivis. Nous sommes certains que chaque)., lecteur de l’Humanité aura à cœur de répondre, une fois de plus, dans la mo- deste mesure de ses moyens, à l’appel- du S. R. I. et de la Ligué anti-impé. rialiste. Il ne’ faut pas perdre une minute^ et les efforts conjugués de tous les tra» vailleurs, en recueillant les 7.000 fr^ gui manquent, nous permettrons de sauver la .vie de nos frères de Mada. gasçar. Envoyez collectes et souscriptions à ! Francis Jourdain, 57, ue Chariot, Pat"’ ris, ou au S. R. L, 12, avenue Mathu-t rin- ; Moreau. Compte chèque postal i Deriaz 695, -79. tineau, au bout de la rue Sainte. Louans Et parce que je savais limer plat et percer à la machine sans cas- ser les forêts, tous les premiers di- manches du mois, sur le coup de trois heures, la boutique en ordre, Ie baquet d’enclume rempli d’eau et la vaisselle de la patronne lavée et serrée dans le placard, le patron me. renvoyait en me donnant dix sous.j. Et c’était le jour des dix sous. Le ; théâtre. Bordelais avait, donné, "déjà, : » Le Bossu », la « Porteuse de pain » et les « Deux orphelines ». En conn pagnie de gueusards comme moi, . ’ j’écoutais derrière les toiles. L’an- née d’avant, chez les frères, je jouais le rôle t de. Pierrot dans le » Sanson- net de’ Sylvie n. Ce soir, je verrais une vraie pièce, avec des acteurs de métier et des rôles de femmes. Et puis, ma mère me parlait parfois da, la « Grâce de Dieu », qu’elle, connais- sait. Ma grand’mère aussi, qui, étant jeune fille chantait la ronde que tou- te la troupe chanterait, ce soir Cinq sous, Cinq sous, Pour monter notre ménage. Simonet, clerc de notairef à pré- sent, irait aux places à 3, 50, avec les gens riches son patron, M. Gaillard, , M. Hardy, le marchand de nouveau- tés, le médecin. Beaulu venait dé prendre un billet de secondes. Moi, - j’irai au poulailler. Des bancs sans dossier, avec des pointes pour déchi- rer les culottes, disait Beaulu, des1 bancs qui montaient en gradins jus. qu’à la bâche couvrant la baraque. {A suivre.

  1. Lénine : Contre le courant, tome I, pages 47 et 49.