Page:A. Belot - Les Stations de l’Amour.djvu/56

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— Que m’apprenez-vous là, chère amie !… Et Dora le sait ?…

— Elle s’en doute !… aussi, n’a-t-elle avec son père que des rapports strictement officiels. Comme elle a une grande fortune personnelle, dont il la laisse absolument maîtresse, elle habite dans un pavillon indépendant du bungalow de son père et vit complètement à sa guise, sans qu’il lui fasse la moindre observation ; elle se borne à faire correctement les honneurs de la maison.

— Enfin, dis-je pour conclure, ce sont leurs affaires et cela ne nous regarde pas. Ainsi, veux-tu essayer, chère Flora ? demandai-je, en ramenant la conversation au point d’où elle avait dévié, pendant que Maud, un peu confuse de son indiscrétion, s’amusait avec maître Jacques pour lui faire prendre patience.

— Mais ça va me faire horriblement mal ?…

— Je t’assure que non, chère amie… du reste, nous allons prendre quelques précautions.

Je dis un mot à Maud, qui disparut aussitôt.

— Et vous croyez, reprit Flora que c’est possible et même facile ?…

— Possible, chère enfant, j’en suis sûr… facile, je ne sais, mais je crois, dis-je en introduisant mon index qui pénétra sans grand effort dans le petit réduit. Mais descendons du lit et viens sur le fauteuil, ce sera plus commode…

Résignée, la chère victime se laissa mener, et la tête appuyée sur son bras je la fis se courber sur le fauteuil : elle me présenta une superbe mappemonde, comparable à la tienne, ma chère Cécile.

— Ma Flora bien-aimée, ce que je vais faire sera pour ton plaisir plutôt que pour le mien, car, bien que le jeu me plaise, tu éprouveras, j’en suis sûr, une volupté intense… surtout si cette gamine de Maud veut bien te prêter, par devant, le secours de sa petite langue de chat… Pour com-

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