Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/89

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Scène III



VIRGILIE, ALBIN.



ALBIN.


NOn, Madame, & vers vous Coriolan m’envoye.
Il n’a pû vous laiſſer à ſon rival en proye,
Ny ſans vous ſe reſoudre à partir de ces lieux.
Il vous attend, Madame.



VIRGILIE.

Albin, je tremble. Ô Dieux !
Tandis que dans ce Camp je vois tout en allarmes,
Que ſur Rome & ſur luy chacun tourne les armes,
Que je le crois enfin loin de ſes ennemis,
Il eſt au milieu d’eux ! que m’avoit-il promis !
Helas ! il eſt perdu.



ALBIN.

Non, calmez voſtre crainte.
Il a promis ; il veut vous obeïr ſans feinte,
Madame : mais craignant qu’on ne ſuivit ſes pas,
Du bruit de ſon départ amuſant les ſoldats,
Il a pris loin de Rome une route ſecrete,
Et va chez les Veïens chercher une retraite :
D’où bien-toſt ſans peril achevant ſes deſſeins,
Il pretend avec vous ſe rejoindre aux Romains.
C’eſt dans le bois prochain que plein d’un nouveau zele
Il vous attend, ſuivy d’une eſcorte fidelle.