Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/91

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VIRGILIE.

Ô Ciel !



SABINE.

Coriolan n’avoit point pris la fuite.
On nous avoit trompez, on vous avoit ſeduite.



ALBIN;

Qu’entends-je !



SABINE.

Aufide à peine eſt ſorty d’avec vous
Les yeux étincelans d’amour & de courroux,
Qu’avec empreſſement il a cherché Camille,
Reſolu de tout perdre ou d’emporter la ville.
Animé de fureur il court de toutes parts
Ralier par ſes cris les eſcadrons épars.
Mille feux qui par tout redoublent les allarmes
Dans un bois prés d’icy font briller quelques armes,
Il y marche, il y voit quelques Chefs amaſſez.
C’eſtoit Coriolan, ſa mere…



VIRGILIE.

C’eſt aſſez.
C’eſt moy qui l’ay conduit dans ce peril funeſte :
Allez, Albin, courez. Je prevoy tout le reſte,
Sabine : Je conçois avec quelle fureur
Aufide ſe ſera ſervy de ſon bon-heur.
Il aura ramaſſé pour abbatre un ſeul homme
Tout ce qu’il preparoit contre les murs de Rome.
Mais en vain par ſa perte il croit me conquerir.
J’ay dequoy me vanger puiſque ie ſçai mourir.
Au moins ſi ſes amis… Dy-moy, que fait Camille ?
Voit-elle ce combat avec un œil tranquile ?
Ce cœur de tant d’ardeur autrefois enflamé
Peut-il abandonner ce qu’il a tant aimé.



SABINE.

La voicy.