Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/243

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— Il y a des Boches dans une cave… Ils empêchent de relever un blessé.

— Vous savez où ils sont ?

— Oui… On ne peut pas les laisser là.

— C’est que nous n’avons personne pour ce genre de chasse…

Trois soldats qui tenaient encore debout s’offrirent bravement pour tenter l’aventure.

Dans l’état de fatigue où ils étaient — l’un d’eux venait d’être pansé à la tête, un autre à la jambe — il y avait là un bel effort d’énergie de leur part.

Par précaution, ils se munirent de sacs à grenades, et chacun d’eux en tint une dans la main.

Nous nous avançâmes doucement vers la cave où j’avais vu les Allemands pénétrer. Je fis signe aux Écossais de se poster de chaque côté de l’ouverture par laquelle on avait accès dans cette cave.

Au moment que j’indiquerais, ils révéleraient leur présence.

Sans doute, les Allemands, se sentant découverts, demanderaient à se rendre, et je m’imaginais déjà revenant en ramenant mes prisonniers.

Pour pouvoir avertir les soldats du moment précis d’agir, je me glissai à pas de loup, en retenant mon souffle, sous la voûte au delà de laquelle commençait l’escalier.

Mes pas étaient si légers que je ne peux me rendre compte de ce qui révéla mon approche.

Le fait est qu’une balle passa au-dessus de ma tête.

En entendant le coup de feu, des Écossais avaient couru vers moi, très courageusement. Mais ils restaient un peu indécis, et chaque seconde augmentait le danger où je les avais entraînés.

Sans doute, ne connaissant pas bien les dispositions de la cave, hésitaient-ils à se servir de l’engin meurtrier. Sans doute aussi craignaient-ils de me blesser, par contre-coup. L’un d’eux, en effet, esquissait un geste, m’invitant à m’éloigner.

Mais n’allions-nous pas être devancés par les Allemands, qui ayant déjà tiré, ne cherchaient, évidemment, qu’à nous atteindre plus sûrement ? »