Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/267

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Regardons encore cette photographie : une femme tout en noir, la figure morte d’avoir trop pleuré trace un large geste d’appel par-dessus l’un des lions de Trafalgar Square. Cette femme est une rescapée du Lusitania, une mère qui a vu sa petite fille périr, victime de la fureur sadique des Teutons. Elle parle simplement, sans apprêts, mais lorsqu’elle s’écrie « qui de vous vengera la mort de mon enfant ? » ces paroles dites sur un ton simple, mais énergique, électrise l’assistance et l’on voit ce jour là de nombreux engagements.

Voilà quelques-uns des faits les plus pittoresques. Ils ne sont que le signe extérieur de l’activité lente et obscure des femmes anglaises.

Qui comptera le nombre d’engagements volontaires ainsi obtenus ? L’un des thèmes favoris des films de guerre anglais n’est-il pas le suivant : une jeune fiancée presse son soupirant à s’engager et l’épouse lorsqu’il revient blessé et couvert de gloire.

S’il est vrai que les lois ne sont rien sans les mœurs et que les femmes fassent les mœurs, nous devons reconnaître que les femmes anglaises ont contribué pour beaucoup à transformer l’opinion publique, à faire revenir les Anglais de leurs préjugés séculaires et à préparer cette extraordinaire révolution : le service militaire obligatoire.

Les femmes anglaises ont compris très vite quel rôle très utile leur incombait dans l’organisation d’une armée