Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/342

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Le régiment, comme toute l’armée, se bat sans cesse pour échapper à l’étreinte, et la sœur assiste journellement aux grandes batailles. Peu à peu son âme se trempe et, elle aussi, combat en vrai soldat. Elle va montrer qu’elle a l’âme d’un chef. Dès le début d’un engagement livré le 23 septembre, un feu terrible abat à la fois le colonel et dix officiers. Les hommes plient, reculent. Mais Mme Ivanova s’élance, les exhorte, fait appel à leur dévouement, à leur patriotisme. Elle les rallie autour d’elle, les entraîne à sa suite et les ramène jusqu’aux tranchées ennemies. Elle tombe frappée d’une balle, mais grâce à elle le régiment a conservé pour la journée ses positions.

Martha la Jaune aussi a bien mérité de la patrie. Martha la Jaune ! beau titre pour un roman d’aventure. Le pittoresque en effet se mêle au tragique dans la carrière de la jeune « soldate ». Jeune fille, elle a réussi à prendre du service dans un régiment d’infanterie. Bien vite son identité est révélée et dès lors elle ne voile plus sous un nom d’homme sa personnalité, non plus qu’elle ne cache les magnifiques cheveux qui, brillant sous la casquette plate, lui valent des camarades son curieux surnom. Elle est de l’avance victorieuse et elle est de la retraite. Avec une ardeur farouche elle combat en première ligne toujours épargnée par les balles. Son aventure la plus surprenante lui arrive à Soatchow ; avec son régiment elle repousse une attaque allemande. Les ennemis ont, malgré les efforts gagné du terrain, le régiment plie ; le porte-drapeau laisse échapper l’emblème sacré. Un Allemand s’en empare. Martha la Jaune