Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/62

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de voyageurs mêmes le service fut toujours réservé — comme plus pénible ou plus délicat sans doute — au personnel masculin. Aujourd’hui, l’administration du Métro, à court d’employés, y a placé des femmes mais dans les wagons de première seulement, sans doute parce que l’atmosphère plus élégante et le coudoiement moins brutal s’harmonisent mieux avec la délicatesse féminine. L’administration du Nord-Sud, plus hardie, a de suite confié à des femmes tous les emplois aux stations, sur les quais ou dans les voitures.

Elles sont ainsi mille à onze cents, toutes femmes, veuves ou filles d’employés de la compagnie mobilisés qui accomplissent gaillardement leur tâche. Si, à leur dire, la vie dans les gares souterraines ou la faction prolongée dans les wagons est assez fatigante, au contraire la vie dans les stations aériennes est agréable et saine. Mais celles même qui, plus délicates, trouvent le travail vraiment pénible, le salaire trop mince ou les repos trop courts se consolent en songeant à leurs chers poilus qui là-haut ont la vie encore plus dure. Les mots évocateurs de l’Yser, de la Somme et de Verdun, résonnent souvent sous les voûtes vernissées. D’un quai à l’autre, entre deux vagues de voyageurs, on échange des réflexions sur les lenteurs de la transmission des lettres et des colis. Et souvent la porte de fer dont, quand le train entre en gare, le claquement semble narguer le civil, s’entrebâille pour le militaire et pour lui seul. Gentilles et douces, — sauf exception rare — souvent jolies dans le grand col blanc qui égayé l’uniforme austère,