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ACTE PREMIER.


GAËTANA.

Comme vous avez dit cela ! Vous me faites peur !


LE BARON.

Je plaisantais. Vous ne me connaissez pas encore. Il ne faut pas que ma façon de parler vous effraye. Je suis quelquefois un peu vif, mais, Dieu merci ! je ne suis pas « assez vieux pour être[1] » jaloux. Vous serez heureuse, et même aussi libre que vous le voudrez. À Naples, ici, partout, vous irez où il vous plaira. Je ne demande que la permission de vous accompagner. Vous choisirez des amis de votre goût, pourvu qu’ils soient mes amis. Je veux que vous soyez entourée de tous les plaisirs de votre âge, que tous vos jours soient des jours de fête, que jamais une larme ne ternisse l’éclat de ces beaux yeux ! Pourquoi donc avez-vous pleuré aujourd’hui ?


GAËTANA, se levant.

Je vous l’ai dit, mon ami ; j’étais un peu souffrante, et, si vous voulez tout savoir, j’avais eu un peu de chagrin,


LE BARON, se levant.

Quel chagrin ?


GAËTANA.

Peu de chose.


LE BARON, souriant.

Ce n’est pas mon retour qui vous attristait, j’en suis sûr. Qu’est-ce donc ? montrez un peu de confiance à votre meilleur ami.


GAËTANA.

Si vous m’aimez autant que vous le dites, ne me questionnez pas ce soir.


LE BARON.

Vos caprices sont des ordres, mais je croyais avoir épousé la loyauté même.


GAËTANA.

Discrétion n’est pas déloyauté !

  1. Coupé à la représentation.