Page:About - Risette, ou les Millions de la Mansarde.djvu/38

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LE PORTIER, paraissant.

Mam’selle Risette…


RISETTE, à part.

Quel dommage ! (Haut.) Qu’est-ce que vous voulez ?…


LE PORTIER.

La lettre !…


RISETTE, allant à lui.

La lettre d’Amérique ! donnez ! (Le portier sort.)


ÉVELINA, bas à Antonin.

Qu’est-ce que vous alliez donc lui dire ?…


ANTONIN, passant derrière elle.

Vous m’ennuyez !


ÉVELINA.

Monsieur ! vous êtes un… pas grand’chose.


ANTONIN.

Bien ! bien ! bien ! (À part.) Décidément j’aime mieux l’autre !… Quel plaisir j’aurais à lui dire : Il y a cinq millions pour vous dans cette lettre, je ne veux ni de vous, ni de vos cinq millions !


RISETTE.

You ! y, o, u, you ?…


ÉVELINA.

You ! ah ! C’est de l’anglais, ça veut dire : aime !


ANTONIN.

Comment ?


ÉVELINA.

J’ai connu un petit Anglais qui me disait toujours : Y love you : y, je ; love, vous ; you, aime ! Je vous aime ! il m’aimait !


RISETTE.

Savez-vous l’anglais, monsieur ?…


ANTONIN.

Un peu, mademoiselle ; trente leçons à deux francs le cachet ; je déchiffre. (Elle lui donne la lettre, il lit tout bas à part.) C’est bien cela, Louise Taboureau ! cinq millions ; le chiffre y est !


RISETTE ET ÉVELINA, curieusement.

Eh bien ?