Page:Abramowski - Les Bases psychologiques de la sociologie.djvu/16

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geons le contenu de notre expérience — que ce soit comme ayant la valeur d’une réalité apparente seulement, ou bien d’une chose en soi, — si nous voulons ramener à une seule abstraction toute cette hétérogénéité du contenu de notre expérience, tout le contenu de la vie en général, si nous voulons embrasser toutes les existences accessibles à notre expérience dans une seule propriété commune à elles toutes sans exception, — alors nous verrons, que cette unique propriété qui embrasse tout, cette dernière et plus haute abstraction, qui ne peut plus être élevée à un degré plus haut de généralisation, consiste uniquement en ce que les existences de toute sorte sont l’objet de notre pensée. — Tout ce qui est, non pas au sens métaphysique mais positif, c’est-à-dire, ce qui est comme une chose qui peut entrer dans le domaine de notre expérience, externe ou interne, n’est qu’en raison de cela seulement, que cette chose constitue l’objet de notre pensée, ou bien peut le devenir. Une chose qui ne pourrait être perçue par nous à aucune condition, ni dans son actualité vivante, ni dans ses résultats, pas plus comme un objet extérieur, que comme une représentation, un concept ou une sensation, — une chose qui, en un mot, dans aucune forme ne pourrait constituer l’objet de notre pensée, si même cette chose existait en soi-même, dans l’inaccessible domaine des mystères, — néanmoins pour nous elle n’existerait absolument pas, elle ne possèderait aucune valeur positive de l’existence, elle serait un rien absolu dans tout le domaine de notre vie. — Lorsque un fait quelconque s’accomplit, et nous fait entrer dans une action réciproque avec lui, il s’accomplit en raison de ce que nous l’avons perçu comme une réalité présente, ou bien, que nous l’avons perçu dans ses résultats, ou comme une possibilité prévue. Lorsque, par exemple, la pluie tombe, c’est un fait réel d’actualité, si nous le percevons pendant sa durée ; il n’est pas cependant moins un fait réel lorsque personne ne l’aperçoit, parce qu’il se manifeste alors dans ses conséquences, comme un fait qui fut ; mais, alors même, que ni pendant sa durée, ni dans ses résultats il n’est pas perçu par nous, il peut néanmoins avoir l’existence d’un fait réel, en tant que pure possibilité qui se présenterait à notre pensée pour n’importe quelle raison, en tant que fait en général, qui pourrait être ou ne pas être dans un temps donné. Donc, seule, notre forme, notre manière de percevoir change ici ; mais la perception même, la naissance de la pensée, reste toujours comme un critère inséparable pour l’existence du fait. — Nous pouvons parfaitement supposer l’existence de beaucoup de choses