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LA QUESTION D’ALSACE

bloqué entre la France et l’Allemagne, ne pouvant pas être Français, ne voulant pas être Allemand, l’Alsacien se retrouve tel que ses aïeux et sa terre tendent à le créer : il pense et il agit en Alsacien cultivé à la française. »

De ce réveil de la conscience alsacienne est née, tout naturellement, une nouvelle forme de l’opposition. L’ancienne protestation était utile aussi longtemps qu’on espérait la guerre : inutile et stérile, du jour où la France renonçait à l’entreprendre. La nouvelle touchait au contraire tout de suite des réalités : elle était une résistance à la germanisation avec d’immédiats résultats.

Cette protestation se manifesta d’abord timidement par une littérature dramatique en dialecte. Ce théâtre alsacien fut un théâtre populaire plein de verve et d’observation. Quand M. Gustave Stoskopf représente, dans Monsieur le Maire, un bonhomme soucieux de ménager la chèvre et le chou, et de satisfaire à la fois son ambition et les tendances