Page:Adam - Le Serpent noir (1905).djvu/376

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I ~ LE SERPENT Nom 3`M ' les douze coups de midi. Le lourd omnibus de l’hôte‘I ébranla les murailles et les vitres, en démarrant pour rouler vers la gare, au trot de ses bêtes adipeuses et pommelées. Du café voisin, des ofüciers sortirent en bandes, bottés, éperonnés, sveltes, la canne de cheval ` à la main. Leurs pommettes gardaient la chaleur de la une champagne. Ils se pavanerent, affecterenit des allures distinguées, et tout heureux d’être des personnages chatoyants, dorés, minces, salues par des pioupious bleus et rouges. I ~— La vertueuse_ M*‘"° Goulven, la sainte lV1·¤° Goul- ven égale en moralité à Guichardot 1... Avouez, chère amie, que c’est drôle... Avouez !... —— Je ne sais plus, ——balbutia—t·elle enün. —,Je ne sais plus... Je pense it tàtons. Tout s’est obscurci... Jean n’étaitpas avec vous ?... — Non : j’ai supposé qu’il allait avaler une pilule de strychnine dans sa chambre, tant il m'a quitté pré— cipitamment., ‘ _ — ll a sa crise ?... ——- Non... un malaise peut-être... Ce u`est qu’une i supposition! ‘ - —— Mon Dieu!... Faudra-t-il que je devienne assez forte pour accomplir un tel devoir?... — Quel devoir'?... —— Celui de renoncer à tout. _· —— Vous êtes folle... Vous n’allez point, jimagine, prendre au sérieux nos petits discours sur la pas- . sion. Vous ne commettrez pas cette erreur absurde E. Levée, elle s’approcha de la fenêtre, regarda, sans voir, la rue, les balustrades en fer qui longent les bords de l’()det, Pesplanade de la rive gauche, les arbres étages sur la colline, au fond. Le même vol de