Page:Adam - Le Serpent noir (1905).djvu/407

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402 1.1; sauveur ·uomI· ` gement solennel et définitif, que, d7autre part, il lui semblait. lâche de délaisser une malheureuse sainte trop faible, trop ihdulgente, trop dévouée, de l’ou¢ — blier, pauvre, trahie, solitaire. Au hasard, il discouy rut, moins pour nous convaincre et se convaincre, que pour prêter à sa femme une lueur nouvelle d’es— poir, momentanément. C’était sa tactique provisoire`_ I de Se montrer au moins ergoteur. Raffermie par cette manière de trêve, Mm Goulveu I tarit ses larmes. Elle s‘épongea, répara le désordre de ses cheveux. Prévoyait-elle une victoire sur la ‘ sensibilité de son mari? La voix basse et enrouée, elle ` s’obstinait à répéter que, sïil l'avait quittéemaguère, pour remplir ses devoirs de marin, elle pouvait souffrir aussi qu’il la quittat pour remplir ses devoirs de savant. Plus longue serait la séparation, plus dure et plus humiliante la circonstance; mais cela s’impo— sait. _ I · ile ne me rappelle plus comment elle dirigea son langage. Quand j’essaie de retracer la scène dans ma mémoire, cependant très fidele, je nIe distingue qu’une petite femme en pèlerine : elle s’exprime avec lenteur, et gênée par une déglutition insolite. Son béret ombre sa figure osseuse, que ses cheveux épars frôlent aucaprice de la brise, des que la lune me · permet de la voir nettement. Tantôt elle lève les yeux vers le sommet des mâts, les angles de cordages qui penchent ou se redressent. Tantôt elle fixe son regard sur le lac lunaire qu’cntoure un infini confus de _ · tumultes; de frémissements liquides, de rafales brèvesemportant le décor des nuages raclés, -de minute en minute, par _le rayon du phare. A côté d’elle, dans le long paletot brun, le docteur s’adosse I