Page:Adam - Le Serpent noir (1905).djvu/89

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'· 84 LE SERPENT Nom — Cette maison, tout simplement, et quelques ar- · pents dans l’ile. Il réfléchit pendant que je bourrais ma pipn Nous nous promenions entre les fleurs de la terrasse. Sou- pirant, il confessa : _ — Je me suis marié jeune. J’avais une théorie... ` J'ai toujours aimé les théories... Donc, j’avais une théorie : je ne voulais pas épouser une grosse dot. Je ne voulais pas être de ceux que leurs femmes entretiennent,". moi 1 " ll me regarda iixement aux yeux. Pensait—il humi- lier ma conception positive de la vie ‘? Je me hâtai de le détromper : —— Quelle naïveté !... Et tu as imaginé qu’on t’en saurait gré ?... Ha ! ha ! la bonne blague ! v Je ris. Jelui frappai sur l’épaule. Son visage se crispa. - Oui, oui, — admit-il, —je sais: ces idées-la n’ont plus cours. Que voulez-vous! je fus l’élève de mon grand—oncle, le vice-amiral Goulven, un homme a principes, un homme de la Restauration, un catholi- que fervent qui avait lu toutefois Rousseau et Bernar- din de Saint·Pier1'e... -— Je vois ça d’ici... Une bonne tête d`ancétre l... Voilà ce qu’on appelle une solide éducation. Il t’a en- seigné à t’admirer noble et généreux... Il t’a accou- tumé à te voir debout, en bronze immortel, sur un socle définitif... Et toi, pour t’admirer noble et géné- reux, homme pourri d’orgueil, tu as gâché deux existences 2 celle de ta femme, la tienne. Mon pauvre vieux !... Elle en est à prendre des pensionnaires, ta femme... , . —— Nous en sommes à prendre des pensionnaires"., mais oui ! -