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NOTRE-DAME DES MERS MORTES

les palais Contarini, près desquels une station de gondoles mettait une tache noire et des reflets fuselés de roseau.

Une barque de pêcheur remontait le courant, à l’effort cadencé des rames, en laissant pendre, comme un drapeau, ses voiler vermeilles. Ces voiles dans l’eau allumaient des incendies, un batelier chantait. Et près du batelier et sur toute la barque, à côté des poissons dont les écailles rutilaient, des pêches et des grenades, ces reines d’automne, s’entassaient comme un trésor fabuleux.

— Voyez la fête, voyez la splendeur qui passe dit encore Jacques, dont l’âme tremblait sur ses lèvres d’enthousiasme et d’émotion. Ne songez-vous pas à ces apothéoses lointaines, dont les teintes splendides nous ont été fixées par Crivelli ou par Mantegna, dans un des paysages qui forment le décor de leurs tableaux… : apothéoses guerrières et conquérantes, retrouvées dans