Page:Adelsward-Fersen - Notre-Dame des mers mortes (Venise).djvu/68

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
56
NOTRE-DAME DES MERS MORTES

veler les miracles de Bacchus, de dérouler des théories dionysiaques autour de ces évocations, de mêler la foudre aux sons aigus de la flûte de Pan. Quand il revint vers la gondole où le batelier s’était endormi, le bras replié sous sa tête brune, ses membres tremblaient encore d’émoi inassouvi.

Le passage pour te retour lui parut prompt comme une heure de caresse. Midi tombait d’aplomb avec sa mitre de soleil. En face Venise étincelait. Les vitres sur la rive crépitaient d’étoiles. Saint-Marc et le Palais des Doges semblaient transparaître derrière une fournaise.

Sforzi attendait Jacques de Liéven. Il avait eu le pressentiment de cette visite au Lido. Quand il aperçut la gondole il fit des signes d’impatience…

— Une heure et demie, c’est fou de déjeuner maintenant !

Puis, quand ils eurent terminé leur repas,