Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/206

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moisson, va donc voir s’il a pensé à moi.

Jean prit une grosse corde et partit.

Il attacha le quartier de bœuf et le traîna derrière lui dans la boue et la poussière, sans vouloir écouter les observations que lui firent le boucher et les personnes qui le rencontrèrent.

Quand sa mère le vit, elle s’écria :

— Malheureux, qu’as-tu fait ? ma viande est perdue !

— Dame ! tu m’avais dit l’autre jour que si j’avais traîné les roues au lieu de les porter, je ne me serais pas fatigué, je l’ons fait pour la viande.

— Tu aurais dû, ajouta la bonne femme, prendre un sac, couper le quartier de bœuf en deux et le mettre dedans.

J’saurai ben, une autre fa.

L’infortunée mère espérait toujours que son fils se déniaiserait un peu, et finirait par lui rendre quelques services ; aussi de temps en temps lui donnait-elle de nouvelles commissions à faire.

Un jour elle l’envoya acheter un van pour nettoyer le grain. Jean prit un sac, s’en alla