Page:Adrienne Durville, Carnet de guerre 1914-1918 n°10.pdf/32

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Julie me dit que H. a vu les Japy, lesquels ne s’opposaient nullement au départ de l’A. C. A. Quel dommage qu’on n’ait pu agir plus tôt, nous aurions pu voir et faire de bien belles choses cet été.

Jeudi 14 novembre

Meilleure lettre de Julie ; rien ne change pour l’instant et nous avons bien des chances d’aller en Alsace, à Mulhouse ou Colmar.

La révolution continue en Allemagne. Le Kaiser est en Hollande, le bruit court de l’assassinat du Kronprinz[1].

Nouvelles du Ct Herbillon qui se force pour être content, en voilà un à qui la guerre n’aura rien rapporté.

Vendredi 15 novembre

Visite aux Haas ; naturellement, on ne parle que de la paix, qui ne sera probablement que pour le printemps.

Samedi 16 novembre

Lettre de Julie me donnant de nouvelles courses et me disant de ne rentrer que lundi.

Visite à Renée pour lui dire adieu ; malgré mes efforts, pas moyen de l’emmener pour quelques jours.

  1. [1] ; Guillaume de Hohenzollern (en allemand : Wilhelm von Hohenzollern), né à Potsdam le 6 mai 1882, mort à Hechingen le 20 juillet 1951, a été le dernier Kronprinz, prince héritier, royal prussien et impérial allemand. […] Lors de la révolution de Novembre 1918, les soldats de la 5e armée se mutinent. Le Kronprinz se réfugie à l’état-major de la 3e armée. Après la signature de l’armistice, le gouvernement provisoire du Conseil des commissaires du peuple lui ordonne de rapatrier son groupe d’armées en Allemagne, ce qu’il se sent incapable de faire. C’est le chef d’état-major général, le maréchal Paul von Hindenburg, qui lui ordonne de partir et de rejoindre son père aux Pays-Bas. Il renonce à ses droits au trône et va s’établir sur l’île de Wieringen, dans le nord de la Hollande ; NdÉ.