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TROISIÈME PARTIE


CHAPITRE XXVIII


L’Assemblée constituante. — Le ministère du travail. — Affaires de Pologne. — Journée du 15 mai.


Jamais peut-être, depuis l’établissement des gouvernements libres, aucune assemblée politique n’avait possédé une force de situation et d’opinion comparable à celle dont l’Assemblée nationale constituante se voyait investie lorsqu’elle ouvrit solennellement ses débats, le 4 mai 1848.

Derrière elle, pour la soutenir, la nation entière dont elle était issue par le suffrage universel, exercé pour la première fois dans toute son extension, avec une liberté parfaite et un ordre admirable. Devant elle, table rase. Plus un seul pouvoir debout pour partager son initiative, limiter ses droits ou résister à ses volontés : pas un veto pour en suspendre l’application. Ni roi, ni princes, ni cour, ni ministres, pour lutter avec elle de ruse ou d’audace. Rien qui pût seulement la distraire de son omnipotence incontestée.

Que manqua-t-il donc à l’Assemblée constituante pour