Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/121

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L’Unicorne sortit le tuyau du calumet de ses lèvres, salua le Chat-Noir en souriant et répondit :

— Mon frère le Chat-Noir a bien parlé ; mon cœur a tressailli de joie en l’écoutant. Pourquoi ne serions-nous pas amis ? La prairie n’est-elle pas assez grande et assez large pour nous ? les bisons ne sont-ils pas assez nombreux ? Que mes frères écoutent : je cherche vainement autour de moi la hache de guerre, elle est si profondément enfouie, que les fils des petits-fils de nos enfants ne parviendront jamais à la déterrer.

D’autres discours furent encore prononcés par plusieurs chefs. La meilleure intelligence ne cessa de régner parmi les alliés.

Au point du jour, ils se séparèrent de la façon la plus cordiale, reprenant chacun le chemin de son village.

Valentin, Curumilla, le général Ibañez, don Pablo et don Miguel restèrent seuls.

La Gazelle blanche était appuyée, pensive, contre le tronc d’un chêne, à quelques pas d’eux.


XI.

Au coin d’un bois.

Le Cèdre-Rouge, emporté loin du champ de bataille par le galop furieux de son cheval qu’il n’avait même plus la force de gouverner, allait tout droit devant lui sans savoir quelle direction il suivait.

Chez cet homme jusqu’alors si ferme, d’une volonté si énergique, la pensée s’était voilée comme