Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/162

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Cèdre-Rouge qui m’a abandonné ; mais ce n’est pas lui qui m’inquiète, j’ai une vieille rancune contre un autre de mes amis.

— Ah !

— Oui, et je voudrais bien m’en venger, d’autant plus que je crois en ce moment en avoir les moyens entre les mains.

— Et quel est cet ami ?

— Vous le connaissez aussi bien que moi, señorita.

— C’est possible ; seulement, à moins que son nom ne soit un secret…

— Nullement, interrompit vivement le ranchero ; vous savez ce nom aussi bien que moi : l’homme dont je vous parle est Fray Ambrosio.

La jeune fille commença, à ce nom, à prendre grand intérêt à la conversation.

— Fray Ambrosio ! dit-elle, et que lui reprochez-vous donc à ce digne homme ?

Le ranchero regarda la jeune fille en face pour voir si elle parlait sérieusement ; le visage de la Gazelle blanche était froid et sévère ; il hocha la tête.

— C’est un compte entre lui et moi, dit-il. Dieu nous jugera.

— Fort bien, je ne vous demande pas d’explication ; seulement, comme vos affaires m’intéressent fort médiocrement, d’autant plus que j’en ai d’assez importantes moi-même, vous me permettrez de vous quitter.

— Pourquoi cela ? fit vivement le ranchero ; nous sommes bien ensemble, restons-y ; à quoi bon nous séparer ?

— Dame, parce que probablement nous ne suivons pas la même route.