Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/23

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Le Cèdre-Rouge ne vivait plus que pour sa fille et par sa fille. Avec l’affection lui était venue la pudeur, c’est-à-dire que, tout en continuant sa vie de brigandage, il feignait devant Ellen d’y avoir complètement renoncé, pour adopter l’existence des coureurs de bois et des chasseurs.

La jeune fille n’était qu’à moitié dupe de ce mensonge.

Mais que lui importait ?

Complètement absorbée par son amour, tout ce qui était en dehors lui devenait indifférent.

Le squatter et ses fils étaient tristes, ils paraissaient préoccupés en entrant dans le jacal.

Ils s’assirent sans prononcer une parole.

Ellen se hâta de placer sur la table les aliments que, pendant leur absence, elle avait préparé pour eux.

— Le souper est servi, dit-elle.

Les trois hommes s’approchèrent silencieusement de la table.

— Ne mangerez-vous pas avec nous, enfant, demanda le Cèdre-Rouge.

— Je n’ai pas faim, répondit-elle.

Le squatter et les deux jeunes gens commencèrent à manger.

— Hum ! fit Nathan, Ellen est difficile, elle préfère la cuisine mexicaine à la nôtre.

Ellen rougit sans répondre.

Le Cèdre-Rouge frappa du poing sur la table avec colère.

— Taisez-vous, s’écria-t-il, que vous importe que votre sœur mange ou ne mange pas, elle est libre de faire ce qui lui plaît ici, je suppose.

— Je ne dis pas le contraire, grogna Nathan, seule-