Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/299

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Nathan s’inclina avec respect.

— Je comprends, dit-il, mon frère est un de ces hommes sages que les Peaux-Rouges nomment les ahcum (médecin).

— Je suis aussi balam (sorcier), répondit le Nez-Percé.

— Oh ! oh ! fit l’Américain ; eh quoi ! mon frère est un des ministres de la nim-coe (grande tortue) ?

— Oui, répondit-il, nous commandons aux ahbop (caciques) et aux ahlabal (guerriers) ; ils n’agissent que d’après nos ordres.

— Je le sais ; mon père a beaucoup de science, son pouvoir s’étend sur toute la terre.

Le Nez-Percé sourit avec condescendance à ces éloges, et, montrant un léger bâton garni de plumes de couleurs éclatantes et de grelots qu’il tenait à la main droite :

— Ce mulbache est une arme plus redoutable que le tonnerre des blancs, dit-il ; partout il me fait craindre et respecter.

Un sourire sinistre contracta pour une seconde les lèvres de l’Américain.

— Mon frère rejoint sa nation ? reprit-il.

— Non, fit l’Indien en secouant la tête, je suis attendu au tinamit (village) des Apaches Bisons, qui ont besoin de mes conseils et de ma médecine, afin d’entreprendre sous de bons auspices une grande expédition qu’ils méditent en ce moment. Mon frère me pardonnera donc de le quitter, il me faut arriver ce soir même au but de mon voyage.

— Je ne quitterai pas mon frère rouge, répondit Nathan, s’il veut me le permettre ; je marcherai dans ses mocassins, mes pas ont la même direction que ceux de mon frère.