Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/308

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que ma fille montera dessus, atteindra le tronc de l’arbre et gagnera les branches supérieures ; vous passerez ensuite, puis Sutter, et enfin moi ; de cette façon, nous ne laisserons pas de traces de notre ascension après l’écorce.

— Votre idée est fort ingénieuse, je l’approuve de tout point ; d’autant plus que, pour votre fille et pour moi, cette manière de monter me paraît facile : Sutter, à la rigueur, pourra nous suivre. Cependant une chose m’embarrasse.

— Laquelle ? dites.

— Celle-ci. Tant que quelqu’un sera ici pour maintenir la branche, il est évident qu’elle restera courbée ; mais lorsque nous serons en haut, et que vous demeurerez seul, comment ferez-vous pour nous suivre ? Voilà ce que je ne comprends pas ; et je vous avoue que je ne serais pas fâché d’être renseigné à cet égard.

Le Cèdre-Rouge éclata de rire.

— Que cela ne vous tourmente pas, señor padre ; j’ai trop l’habitude du désert pour ne pas savoir calculer mes moindres actions.

— Puisqu’il en est ainsi, n’en parlons plus. Ce que j’en faisais, c’était à cause de l’intérêt que je vous porte. Le squatter le regarda en face.

— Écoutez, Fray Ambrosio, lui dit-il en lui posant rudement la main sur l’épaule, nous nous connaissons, n’est-ce pas, depuis longtemps ? Dispensons-nous donc de nous mentir ; nous ne parviendrons jamais à nous tromper ; restons franchement ce que nous sommes, nous y gagnerons tous deux. C’est bien convenu, hein ?

Le moine fut désarçonné malgré lui par cette dure