Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/324

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Les Indiens avaient reçu parmi eux, avec joie, la mère du fils adoptif de leur tribu.

Le calli le plus commode avait été immédiatement mis à sa disposition, et les soins les plus attentifs et les plus délicats lui avaient été prodigués.

Les Peaux Rouges ont sur les blancs une incontestable supériorité pour tout ce qui a trait à l’hospitalité. Un hôte pour eux est sacré, à tel point qu’ils se font pour ainsi dire son esclave, tant ils prennent à cœur de combler tous ses désirs et même de satisfaire à ses moindres caprices.

Après que le père Séraphin eut averti le Cèdre-Rouge de se tenir sur ses gardes, il avait rejoint Mme Guillois, afin de veiller plus directement sur elle.

Le digne missionnaire était une ancienne connaissance et un vieil ami des Comanches, auxquels il avait été utile dans maintes circonstances, et qui respectaient en lui, non pas le prêtre dont ils ne pouvaient comprendre la sublime mission, mais l’homme bon et généreux, toujours prêt à se dévouer pour ses semblables.

Quelques semaines se passèrent sans amener grand changement dans la vie de la vieille dame.

Le Rayon-de-Soleil s’était, de son autorité privée, institué la servante de Mme Guillois, veillant assidûment à lui procurer ces mille riens qui tiennent une si grande place dans la vie intérieure des femmes, l’égayant par son babil mélangé d’indien, de français et d’espagnol, la soignant comme une mère et cherchant, par tous les moyens possibles, à lui faire tromper le temps.

Nous employons avec intention l’expression espagnole de tromper (engañar) qui nous semble beau-