Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/450

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— Alerte !

Cette coïncidence étrange de deux attaques faites à la fois de deux côtés différents donna à réfléchir au Cèdre-Rouge.

— Nous sommes trahis ! s’écria-t-il.

— Par qui ? lui demanda effrontément le gambucino.

— Par toi, peut-être ! répondit le squatter avec colère.

Andrès se mit à rire.

— Vous êtes fou, Cèdre-Rouge, dit-il, le danger vous fait perdre la tête ; vous savez bien que je n’ai pas bougé d’ici.

Il fallait se rendre à l’évidence.

— Et pourtant, je jurerais que quelqu’un de nous a trahi, reprit le squatter avec rage.

— Au lieu de récriminer comme vous le faites, dit Andrès avec un accent de dignité blessée parfaitement jouée, vous feriez mieux de fuir. Vous êtes un trop fin renard pour n’avoir qu’un trou à votre terrier ; toutes les issues ne peuvent être bouchées, que diable ! Pendant que vous vous échapperez, moi, qui ne puis marcher, je soutiendrai la retraite, vous verrez alors si c’est moi qui vous ai trahi.

— Tu ferais cela ?

— Je le ferai.

— By God ! tu es un homme alors, et je te rends mon estime.

En ce moment, le cri de guerre des Comanches éclata strident à une des entrées du souterrain, tandis que d’un côté opposé on entendait :

— Blood’s Son ! Blood’s Son !

— Hâtez-vous ! hâtez-vous ! cria le gambucino en saisissant résolument son rifle jeté à ses côtés.