Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/82

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qu’un ami. Un ennemi ne serait pas venu se livrer de cette façon.

Les doutes furent bientôt dissipés.

Les Apaches reconnurent la Gazelle blanche. Nous avons dit quelque part que les Indiens aimaient beaucoup la jeune fille. Ils la reçurent fort gracieusement et la conduisirent au Chat-Noir, qui attendait immobile qu’elle vînt le trouver.

Le chef l’examina un instant avec attention.

— Ma fille est bienvenue, dit-il ; est-ce l’hospitalité qu’elle demande aux Indiens ?

— Non, chef ; je viens me joindre à eux contre les Faces Pâles, ainsi que j’ai déjà fait, répondit-elle résolument ; du reste, vous le savez aussi bien que moi, ajouta-t-elle.

— Bon, reprit le chef, nous remercions ma fille ; ses amis sont absents, mais nous attendons d’ici à quelques heures peut-être l’arrivée du Cèdre-Rouge et des grands couteaux de l’est.

Un nuage de mécontentement obscurcit le front de la jeune fille ; mais elle se remit aussitôt et fit ranger son cheval à côté de celui du chef en disant avec indifférence :

— Le Cèdre-Rouge reviendra quand bon lui semblera, cela m’est parfaitement égal. Ne suis-je pas l’amie des Apaches ?

— C’est vrai, répondit l’Indien en s’inclinant ; ma fille veut-elle se remettre en route ?

— Quand il vous plaira, chef.

— Partons donc, dit le Chat-Noir en faisant un signe à ses compagnons.

La troupe des chasseurs repartit au galop.

Une heure plus tard, elle entrait dans le camp, où