Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/332

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l’avait condamné, le Mayor, abandonnant ses morts et ses blessés, réunit ceux de ses bandits encore valides, et, appuyant sur la droite afin d’éviter les pièges qui déjà avaient été si fatals aux siens, se lança résolument en avant.

Mais il fut repoussé par une si furieuse fusillade, que force lui fut de reculer.

Les bandits, pris d’une terreur panique, se débandèrent et s’enfuirent le long des pentes, en abandonnant leur chef.

Celui-ci fut contraint de les suivre.

Arrivé au bas de l’accore, le Mayor, par ses cris et ses menaces, réussit enfin à arrêter les fuyards.

Alors on se compta.

Avant l’attaque, la troupe se composait de quatre-vingt-sept hommes.

Vingt-deux, en comptant les quatre éclaireurs, avaient été tués pendant l’assaut ; douze étaient gravement blessés et incapables de retourner au combat.

Les aventuriers avaient donc trente-trois hommes hors de combat.

Il ne restait que cinquante-quatre hommes, dont neuf avaient reçu des blessures légères à la vérité, mais qui leur enlevaient une partie de leurs forces.

Les bandits tinrent conseil.

Ce fut surtout en ce moment qu’ils regrettèrent la trahison des Apaches.

Un appoint de trente guerriers résolus leur aurait été très utile en ce moment critique.

Aussi proféraient-ils d’affreuses menaces contre les Indiens.

Mais ces menaces étaient vaines.

Il importait de prendre au plus vite un parti.

Un grand nombre opinaient pour la retraite.

Le Mayor, lui, voulait retourner au combat, non plus en se lançant à l’aveuglette, mais au contraire en manœuvrant avec prudence et en prenant toutes les précautions nécessaires.