Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/335

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Les bandits étaient enveloppés par plus de soixante hommes.

Toute résistance était impossible.

Cependant les bandits ne mirent point bas les armes, ils savaient qu’ils n’avaient aucune grâce à attendre ; ils continuèrent à combattre.

Le Mayor s’élança en avant, s’ouvrant passage avec sa large épée ; et, sans savoir où il allait, il se jeta sous une tente qu’il traversa en courant et l’éventra pour en sortir.

Tout à coup, une douce voix, une voix d’enfant lui cria :

— Oh ! père ! père ! est-ce toi ? Me voici, reconnais-moi donc !

Le bandit se retourna machinalement et regarda du côté où cette voix se faisait entendre, un cri de surprise s’échappa de sa poitrine, ses traits se crispèrent, et une expression de violente douleur et de désespoir apparut sur son visage.

Un enfant pleurant et sanglotant tendait ses petits bras vers lui en criant avec prière.

— Oh ! père ! père, je suis Vanda, reconnais-moi donc ! emporte-moi, j’ai peur !

Il fit un mouvement comme pour courir à l’enfant, mais plusieurs hommes parurent et le couchèrent en joue.

— Enfant, ton père est mort ! cria-t-il d’une voix rauque.

Et se ruant sur les assaillants, il les contraignit à reculer, et bondissant jusqu’à l’extrémité de l’esplanade, sembla s’élancer dans le fleuve.

— Père ! cria une dernière fois l’enfant.

Et elle tomba, en proie à une horrible crise nerveuse, dans les bras de la comtesse.

Madame de Valenfleurs avait assisté, invisible, à cette scène rapide et émouvante.

— Cet homme serait-il donc réellement son père ? Oh ! pauvre enfant ! s’écria-t-elle en la couvrant de baisers.