Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/437

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très désobligeant pour vous, mesdames, de revoir ces amis depuis si longtemps attendus dans le salon bleu, au milieu de tous ces enragés joueurs de monté. Si vous le désirez, je vous conduirai dans le salon rose où, déjà, les deux chasseurs vous attendent depuis un instant.

— Madame, dit Denizà avec émotion, vous avez toutes les délicatesses du cœur ; je ne sais véritablement pas comment vous remercier de toutes vos bontés pour une étrangère, que vous connaissez à peine… Le bonheur de ma vie entière dépend de cette entrevue : veuillez y assister en compagnie de votre mari, madame, vous me rendrez bien heureuse, et je vous prouverai ainsi combien je suis touchée de votre généreuse hospitalité.

— J’accepte de grand cœur votre offre, madame, répondit doña Luisa vous faites plus que vous acquitter envers moi en me rendant témoin de votre bonheur ; mais laissez-moi vous avouer que je connais Cœur-Sombre, que j’ai contracté envers lui une dette immense, dont peut-être jamais je ne pourrai m’acquitter ; c’est donc pour moi une grande joie que d’être présente à cette entrevue.

En ce moment don Cristoval rentra.

— Eh bien ! demanda-t-il à sa femme.

— Tout est convenu, répondit-elle seulement, doña Denizà exige que vous et moi, mon ami, nous assistions à cette entrevue.

— Oh ! madame, dit-il, comment oserai-je, moi étranger…

— Je vous en prie, caballero, interrompit-elle avec un doux sourire.

— Je me rends, madame, répondit-il avec un respectueux salut.

— Se doutent-ils de quelque chose ? demanda la comtesse.

— Comment pourraient-ils soupçonner la vérité ? dit le docteur.

— Tant mieux ! la surprise sera complète, dit la comtesse.