Page:Aimard - Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858.djvu/57

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incarnat colorait ses joues ; ses yeux noirs lançaient des éclairs.

Nô Eusébio détacha quatre magnifiques limiers, nommés rastreros dans le pays, et qui servent à suivre les pistes ; il leur fit sentir une chemise appartenant à Rafaël ; les limiers s’élancèrent sur la voie en poussant de grands cris ; nô Eusébio et doña Jesusita bondirent à leur suite en échangeant un regard d’espoir suprême.

Les chiens n’eurent pas de peine à suivre la piste, elle était droite et sans hésitation aucune ; aussi ne s’arrêtèrent-ils pas un instant.

Lorsque doña Jesusita arriva à l’endroit où Rafaël avait été abandonné par son père, la place était vide !… l’enfant avait disparu !

Les traces de son séjour étaient visibles. Un feu achevait de mourir. Tout indiquait que Rafaël n’avait quitté cette place que depuis une heure à peine.

— Que faire ? demanda Nô Eusébio avec anxiété.

— Pousser en avant ! répondit résolument doña Jesusita, en enfonçant les éperons dans le ventre de son cheval, qui poussa un hennissement de fureur et reprit sa course frénétique.

Nô Eusébio la suivit.

Le soir de ce même jour, la plus grande consternation régnait à l’hacienda del Milagro.

Doña Jesusita et Nô Eusébio n’étaient pas rentrés.