Page:Aimard - Par mer et par terre : le batard.djvu/321

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chèrent lentement côte à côte, tenant le milieu de la chaussée et causant avec animation à voix basse, tout en jetant autour d’eux des regards inquisiteurs.

Don Sylvio Carvajal désirait obtenir du marquis de Soria le plan détaillé de l’hôtel Salaberry, et plus particulièrement celui de l’aile de l’hôtel habitée par le marquis et la marquise de Palmarès Prias y Soto, plan qu’Olivier, sans se faire prier, lui expliquait minutieusement : tout autant du moins que le lui permettait sa mémoire, car il n’était entré que très-rarement dans cette partie de l’hôtel, et seulement lorsque sa sœur s’y trouvait par hasard. Puis don Sylvio Carvajal, toujours avec la plus exquise politesse et sans paraitre y attacher la moindre importance, fit tomber la conversation sur les événements de la nuit : le voyage précipité de la marquise, sa façon de vivre avec son mari, et jusqu’à quel point la bonne harmonie régnait entre le mari et la femme dans leurs relations intérieures.

Olivier comprenait parfaitement le but de toutes ces questions. Malgré la haine et le mépris que devait lui inspirer le marquis de Palmarès, il éprouvait, cependant, une répugnance instinctive à fournir des preuves contre lui ; il se borna à donner à don Sylvio Carvajal — à ce qu’il supposait, du moins, car il n’avait pas en ce moment la plénitude complète de ses facultés et la lucidité ordinaire de son esprit — quelques détails superficiels, et, par conséquent, peu compromettants, sur les relations des deux époux entre eux, passant légèrement sur certains faits assez graves dont il avait été témoin. Pourtant, malgré toutes